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Actualité du 18-06-2015

Réponses de Njoh Mouelle aux Remarques de Thierry Michalon

Lecteur de l’Essai sur la Signification humaine du développement intitulé « De la médiocrité à l’excellence ». Ouvrage édité chez CLE à Yaoundé, Juin 2015, 66 pages. Occasion donnée à l’auteur de préciser sa pensée et d’en éclairer les zones d’ombre.

UNE REFLEXION INDEMODABLE



Après deux années d’un dialogue passionnant, par écran et clavier interposé, avec Ebénézer Njoh Mouelle, dialogue dont étaient nés deux petits ouvrages , me parvint par la poste ce qui avait été pour lui une œuvre de jeunesse mais demeure depuis quarante ans inscrit au programme des classes terminales dans plusieurs pays d’Afrique centrale : De la médiocrité à l’excellence. Essai sur la signification humaine du développement, aux éditions CLE. Je m’y plongeai, y retrouvant avec plaisir la langue précise qui est la sienne, vecteur d’une pensée rigoureuse. Et je tombai littéralement en arrêt, en page 66, devant une formule d’une puissante limpidité, pour moi stupéfiante car prenant le contre-pied d’une opinion aujourd’hui très répandue en France : « Nous pensons que la vie simple, c’est-à-dire la vie à faible densité de relations interpersonnelles…».

En effet, dans une civilisation européenne désabusée, découragée, n’ayant plus confiance en elle-même, ne croyant plus au Progrès tant s’accumulent les impasses (économiques, écologiques, démographiques, notamment) après les siècles d’efforts sur elle-même auxquels elle a consenti, nombreux sont ceux qui cèdent à la classique opposition entre l’être et l’avoir et se navrent de ce qu’ils croient être la pauvreté caractérisant leur être, enviant la richesse relationnelle qu’ils prêtent aux sociétés connaissant encore « la vie simple ». Il fut donc pour moi bouleversant de lire sous la plume de l’un des enfants de cette « vie simple » que celle-ci s’accompagne, au contraire, d’une certaine pauvreté relationnelle, et que le monde moderne, lui, se caractérise par « la complexité des problèmes quotidiens (qui) amène l’individu à mettre à contribution toutes ses facultés ». C’était en effet là à mes yeux la réhabilitation de l’idée même de Progrès, de montée progressive de l’Homme vers une présence au monde plus complexe et plus riche. Rien ne serait donc perdu, l’Histoire aurait bel et bien un sens. Comment ce diable d’homme avait-il pu, à 30 ans, de retour de ses études parisiennes, et dix ans seulement après les indépendances africaines, trouver des mots aussi simples et puissants que ceux qui composent ce petit ouvrage, pour indiquer à ses frères la direction à suivre, le travail sur soi à résolument entamer ?

Je repris donc la lecture de l’ouvrage le crayon à la main, notant les idées les plus fortes et les commentaires qu’elles suscitaient en moi. A ces vingt-cinq remarques, Ebénézer répondit. Et nous nous sommes dit que cet échange pourrait être utile à tous ceux, qui année après année, étudient ce petit ouvrage, et les aider à garder confiance. Le voici donc.

Thierry Michalon
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(C)octobre 2007 Réalisation BDSOFT