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Actualité du 29-11-2006

"L'argent, son pouvoir et ses limites"

Conférence donnée au Centre Culturel Français de Yaoundé

LA NATURE DE L’ARGENT

Avant l’apparition de l’argent le système d’échanges de biens se faisait sur la base du troc : on échangeait des biens, denrées ou bétail contre d’autres biens également en nature. La nécessité qu’on éprouvait d’obtenir un bien conduisait à échanger quelque chose qu’on possédait contre quelque chose d’autre qu’on ne possédait pas. Avec le troc on ne pouvait pas échanger beaucoup de choses ni multiplier ses envies et ses besoins.



La monnaie va apparaître dans l’Histoire comme un auxiliaire devant garantir la valeur des biens engagés dans l’échange. La monnaie a pris la forme d’objets précieux et rares et devint très rapidement un des métaux précieux que sont l’or et l’argent. L’appellation « argent » vient naturellement du fait que ce métal a servi d’étalon dans la détermination de la valeur des biens à échanger. Mais quel rapport peut-il y avoir entre un terrain de 600 mètres carrés situé dans Bastos et une grosse cylindrée qui coûtent tous les deux le même prix d’argent, soixante millions par exemple ? Quel rapport encore entre un ticket de bus et un litre d’huile de palme qui coûteraient la même somme d’argent ? Il est manifeste que le terrain et la grosse voiture 4x4 n’ont pas la même valeur bien qu’on puisse les acheter au même prix qui semble leur conférer la même valeur. La voiture est exposée en permanence à subir une dégradation par suite d’un accrochage dans la circulation, tandis que le terrain bien placé ne change pas de nature, même si on y allumait un feu de brousse et qu’il pourrait même voir sa valeur augmentée et être revendu plus cher qu’il n’a coûté à son premier acquéreur. Le terrain ne s’use pas ; le véhicule s’use, vieillit, demande à être entretenu, finit par perdre sa valeur et disparaître de la circulation.



L’argent se présente comme le dénominateur commun entre les biens. La vérité est qu’il n’en exprime qu’imparfaitement la valeur comparée qui elle, dépend des aspirations et des besoins des individus engagés dans la relation d’échanges à un moment donné.



La valeur des biens dépend en premier lieu de leur désirabilité, c’est-à-dire de la demande plus ou moins massive, plus ou moins importante qui en est exprimée par des consommateurs éventuels. Un bien ou une denrée qui ne sont pas particulièrement recherchés par d’éventuels acquéreurs se présente comme n’ayant pas de valeur. La seconde chose qu’il faut dire ici est que l’argent donne à l’échange un caractère totalement abstrait qui dissimule la dimension concrète spécifique de ce qui est échangé, tout comme il dissimule la psychologie des protagonistes de l’échange que sont le vendeur et l’acheteur.



Dans le système du troc, l’acheteur et le vendeur sont sur le même pied d’égalité ; ils sont chacun désireux d’obtenir le produit détenu et possédé par l’autre. Ils jouent les deux rôles : ils sont chacun acheteur et vendeur à la fois. La valeur de la transaction lui est conférée au niveau de la subjectivité désireuse de chacun des protagonistes. Et l’on peut dire que l’équivalence des biens échangés est attribuée par cette identique subjectivité demanderesse d’échange et non par les objets échangés eux-mêmes. Si c’est du tabac contre du riz par exemple, il est clair que le tabac ne satisfait pas le même besoin que le riz ou le sel ! Les échanger ne peut se comprendre qu’à partir des aspirations différenciées des échangistes. C’est pourquoi je parle de subjectivité comme étant le lieu ou plutôt l’instance devant laquelle s’établit l’équivalence.



S’il n’y a pas d’équivalence entre les denrées et les biens troqués en tant que tels, il n’ y en a pas davantage entre le montant d’argent déboursé et le bien acheté, maïs, huile, ou bicyclette, etc. En effet, quel rapport d’être, entre les billets de banque, le papier chèque bancaire ou la carte de crédit d’un côté et, de l’autre côté, la paire de chaussures ou la paire de lunettes qui vous sont cédées ? Il existe bien entendu, ce rapport, mais il est lointain et forcément abstrait. Au moins dans le système du troc on pouvait voir concrètement les réalités échangées. Dans l’échange à base d’argent, ce qui se produit au fil du temps c’est la place ambiguë que finit par prendre l’argent. L’apparition de la monnaie argent a entraîné un développement accéléré du commerce. C’est le commerce qui a permis de constituer le capital par l’épargne. Car c’est avec le commerce qu’est née la préoccupation du gain et du profit qui s’étendra encore de façon bien plus importante grâce au développement de l’industrie. On prévoit l’inclusion de la marge bénéficiaire dans le prix de vente. En fait, et dans la logique du progrès et du développement des affaires, il fallait bien qu’il y eût cette marge bénéficiaire, même si elle entraînait que le prix de vente aille toujours au-delà du coût de la production. La capitalisation des marges bénéficiaires, en d’autres termes l’accumulation du profit, c’est le chemin qui a conduit vers une certaine transformation de la valeur-échange qu’est l’argent en valeur intrinsèque et autonome propre, susceptible d’être elle-même objet de transaction dans l’opération achat/vente. L’argent s’est mis en position de pouvoir acheter l’argent.



A partir du moment où l’argent pouvait acheter l’argent, une autre étape fort importante allait être franchie dans le traitement de la monnaie-argent. Dans l’identification du patrimoine des gens et des entreprises, on a vu apparaître l’argent accumulé et épargné au côté des biens meubles et immeubles : terrains, véhicules et équipements divers ; le patrimoine argent est constitué de dépôts dans les banques sous diverses formes : bons de caisse, comptes d’épargne. En dehors des banques, l’argent épargné se trouve sous la forme d’actions ou de quottes parts prises dans le capital des sociétés industrielles ou commerciales. Bref, l’argent se présente lui-même comme un bien commercialisable et la course pour son accumulation est bien loin de correspondre à l’expression des besoins imposés par les nécessités de l’existence. Déjà dans le cadre de l’économie de subsistance et du système du troc, des hommes savaient déjà accumuler des biens en nature concrétisant leurs richesses. On dénombrait alors des têtes d’animaux du cheptel, quand on était éleveur. On dénombrait les pieds de cacaoyers ou de caféiers, les plantations possédées, etc. Comment ne pas comprendre que l’argent étant lui-même devenu un bien comptabilisable et dénombrable, les hommes se soient mis à chercher à l’accumuler au même titre ? Je vais y revenir dans un instant ; le temps de parler du pouvoir de l’argent, ou plus exactement du pouvoir de celui qui possède l’argent.



LE POUVOIR DE L’ARGENT

Pour nous donner une idée de ce que l’argent confère comme pouvoir, c’est-à-dire comme capacité et possibilités de réalisations, il faut se laisser aller à rêver. Nos rêves éveillés dévoilent nos envies et nos désirs plus ou moins secrets qui se déclinent nécessairement en termes d’acquisition d’objets, c’est-à-dire principalement en termes d’augmentations de nos avoirs. A la question « Si j’avais de l’argent qu’en ferais-je ? Nous pouvons voir que les réponses dépendraient des réalités concernant le quotidien de chacun de nous. Il n’est pas nécessaire de mettre en œuvre une phénoménologie des situations individuelles pour épuiser la compréhension du sujet. Même si les aspirations et les désirs de la multiplicité des cas individuels demeurent insondables, il n’est pas nécessaire de sonder individuellement les hommes pour se rendre compte que les rêves d’argent sont d’abord des rêves de bien-être et de sécurité, des rêves d’épanouissement culturel, intellectuel et spirituel, puis des rêves de pouvoir et de domination sur les autres.



Bien-être et sécurité

Oui, tout le monde veut gagner de l’argent pour vivre et pour vivre dignement, décemment et se garantir une sécurité de tous les instants. Nous savons en quel sens le bien-être de tous les jours se laisse facilement assimiler au bien-avoir, à la possession des objets qui se présentent comme des réponses à nos besoins ou comme des ajustements à nos manques et à tous nos petits trous de caisse. L’argent permet d’acheter la nourriture, les habits, les moyens de locomotion ; l’argent permet de se construire une maison et quand on ne s’en est pas construit, d’en louer. L’argent permet de s’acheter les médicaments prescrits par le médecin et par conséquent de recouvrer la santé. Et c’est bien parce qu’ils n’ont pas d’argent que beaucoup périssent devant l’entrée des hôpitaux et des cliniques.



Nous pouvons affirmer que tous les hommes, où qu’ils se trouvent, ressentent ce besoin de sécurité primaire de la même manière. Mais les solutions des uns demeurent précaires et fragiles tandis que les solutions des autres prennent une allure qui leur confère davantage de confort sécuritaire. La case en bois et la maison en parpaings résolvent le même problème mais la précarité de la première solution entretient en permanence un désir d’amélioration qui pourrait ne plus connaître de limites, tout dépendant de la personnalité et du profil psychologique des individus. Il y a des gens humbles et dont et dont la modestie, y compris dans leurs besoins, les pousse à toujours chercher à ne rien exagérer et à demeurer dans la juste mesure et l’équilibre raisonnable. Pour cette catégorie de personnes, l’argent ne sera pas recherché pour autre chose que la consolidation du sentiment de vivre en sécurité : sécurité alimentaire, sécurité sanitaire, contre les intempéries, etc. Il ne s’agit pas de ma part de vouloir dire que c’est à ce niveau élémentaire de recherche de la sécurité qu’il faut demeurer. Le bien-être de l’homme ne saurait être apprécié au seul plan matériel, encore que dans ce registre matériel il y a des degrés en dessous desquels la dignité de l’homme est mise en difficulté, même quand les concernés n’en sont pas conscients. Nous avons évoqué le cas des pygmées de l’ensemble national camerounais qui s’est rendu en tournée à Paris en 1963 et qui avaient abandonné les lits moelleux de leurs chambres d’hôtel pour préférer se coucher à même le sol et la moquette, sur le dur, par habitude. Et nous nous sommes prononcé contre l’idée selon laquelle il ne faut pas chercher à faire le bonheur des gens malgré eux ! En fait, ici, il s’agit davantage de bien-être que de bonheur. Le bien-être peut avoir une appréciation objective, des paramètres quantitatifs et donc mesurables, tandis que le bonheur est une appréciation nécessairement subjective de chaque homme pour lui-même. Il existe donc des conditions de vie plus favorables à l’expression de la dignité de l’homme que d’autres. Il s’agit pour moi de dire que l’argent doit être mis au service de la réalisation de ces conditions optimales d’existence pour chaque homme. Mais cela ne veut en aucun cas dire qu’il faut toujours attendre que ce soit les autres,(l’Etat, les parents, les amis, les sorciers, etc.) qui nous offrent les conditions de notre réalisation dans la dignité ; il appartient à chaque homme d’œuvrer, de travailler, de faire preuve de sens d’initiative et de combativité pour gagner de l’argent, parce que cet argent est nécessaire pour la mise en œuvre des conditions de vie favorables à l’expression d’une humanité digne et épanouie.



L’argent au service de l’épanouissement culturel, intellectuel et spirituel e l’homme.



La sécurité matérielle et financière que nous recherchons n’est pas, ne devrait pas être le terminus de nos efforts, la finalité dernière de notre vie. L’argent que nous pouvons amasser n’a de valeur que si nous avons un projet pour son exploitation en vue de l’épanouissement de toutes nos facultés. Parce qu’il ne faut pas confondre le développement extérieur de notre environnement avec l’épanouissement de nos facultés qui constitue le véritable développement de l’homme pris individuellement. Notre argent doit nous permettre de continuer de nous instruire, de nous documenter aux fins d’ouvrir toujours davantage notre esprit aux dimensions du monde humain. Si nous nous donnons des projets de voyages autour du monde ou simplement autour de notre pays et de notre continent, si nous avons une passion pour la musique et que nous aimerions bien jouer d’un instrument (le piano ou la guitare, par exemple), alors notre argent nous donnera le pouvoir de réaliser tout cela. Nous nous achèterons un piano ou une guitare, nous voyagerons facilement pour aller assister à des concerts organisés à l’autre bout du monde. Pouvoir s’offrir ce que l’on désire, non pas pour faire comme tout le monde qui prétend avoir réussi dans la vie, mais pour tenter de réussir sa vie, c’est l’expression la plus authentique du pouvoir de l’homme sur l’argent. Le multimilliardaire américain d’origine hongroise, philosophe à ses heures, a écrit une réflexion que je fais mienne dans son livre intitulé « Le défi de l’argent » ; il dit ceci : « Au-delà d’un certain point, continuer de s’enrichir n’a plus aucun sens, sauf si l’on a un objectif ». Ce que Soros appelle objectif ici est précisément ce que j’appelle projet. Il faut se donner non pas une interminable succession d’actions que ne relie aucun fil conducteur, mais un seul et grand projet de vie autour duquel s’organise notre stratégie de recherche d’argent. Cet unique projet est ce que Henri Bergson a appelé le chef-d’œuvre de notre personnalité.



L’argent pour l’argent et pour la domination

Malheureusement, devant nous, tous les jours et sous tous les cieux, nous observons le phénomène de l’excroissance de l’argent. L’argent que nous sortons de son rôle modeste quoique déterminant de moyen et d’instrument au service d’une finalité qui le transcende. C’est le fait des gens qui, dans leur personnalité de base, sont poussés par un instinct de domination des autres. Car la tendance à accumuler pour accumuler l’argent tout autant que les biens matériels qu’il permet d’acquérir est l’expression d’une volonté d’écraser les autres par cette capacité qu’on accumule de pouvoir tout s’approprier à leurs dépens pour ensuite jouir de leur dénuement. Ce qui est en cause ici, ce n’est pas l’argent en tant que tel, mais la psychologie de l’amoureux de l’argent et du pouvoir de domination qu’il permet d’acquérir et dont on n’est pourtant pas obligé de se servir.



Il a existé et il existe encore ici et là des chefs de famille dont l’égoïsme et l’égocentrisme les pousse à tout sacrifier à leur seule envie de paraître : au dehors ils circulent à bord de voitures de luxe pendant que leurs enfants à la maison ne mangent pas à leur faim et se rendent à pied à l’école sans argent de poche pour prendre un taxi.



Nous sommes loin de cet épanouissement personnel dont je viens de parler. Au lieu d’épanouissement, les sujets qui se comportent de cette manière rétrécissent plutôt la dimension de leur être à son extrême petitesse. ( la feymania)



LES LIMITES DU POUVOIR DE L’ARGENT

L’importance du rôle reconnu à l’argent peut-elle justifier le fait qu’on cherche à tout acheter ou à tout vendre ? Voyons ce qui se donne à constater. Aujourd’hui, tout a tendance à se vendre et à s’acheter. Au départ, ce sont les commerciaux professionnels qui répandent cette vision des choses qui transparaît ouvertement dans leur langage. Ils disent aux jeunes chercheurs d’emplois, diplômés des universités et des grandes écoles professionnelles : « il faut savoir vous vendre » ! Mais s’il est tout à fait compréhensible que le jeune diplômé cherche à vendre son savoir-faire pour gagner sa vie, comment justifier l’existence de ces réseaux de vente des organes humains, cette multiplication des sectes religieuses qui ne font pas autre chose que de proposer à leurs clients l’achat du paradis ? Au-delà des faits, c’est une question de droit, voire d’éthique qui se pose : la possession de l’argent ne peut ni ne doit être un prétexte à vouloir tout acheter. Le mode de vie commerçant et marchand, à travers les comportements d’acheteurs et de vendeurs qui sont les nôtres au quotidien, a eu tendance à attribuer une valeur économique à toute chose. Il s’agit d’un réductionnisme que rien n’autorise. En économie tout tourne autour de la valeur-prix. Mais nous avons vu en quel sens il ne pourrait pas y avoir d’équivalence valable entre des produits ou des biens de service qui coûteraient le même prix d’argent.



Comment pourrait-il en être autrement entre la valeur économique et la valeur éthique ? Non seulement il ne saurait y avoir une équivalence entre elles, mais encore la différence qui les distingue n’est même pas de degré, elle est de nature ! Si les valeurs économiques, y compris l’argent lui-même, sont des produits de l’industrie et de l’ingéniosité humaines, la valeur éthique quant à elle, ne relève pas de l’activité manufacturière de l’homme. Elle s’impose à sa conscience qui la reconnaît d’emblée et s’incline devant elle, ainsi que Emmanuel Kant le dit si bien dans la première phrase par laquelle s’ouvre la conclusion de la « Critique de la Raison pratique » : « Deux choses remplissent le cœur d’une admiration et d’une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s’y attache et s’y applique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. Ces deux choses, je n’ai pas besoin de les chercher et de les conjecturer simplement, comme si elles étaient enveloppées de ténèbres ou placées dans une région transcendantale en dehors de mon horizon ; je les vois devant moi, et je les rattache immédiatement à la conscience de mon existence ».

Si les choses ont un prix, les personnes humaines n’ont pas de prix. Ce sont des centres d’initiatives, des sujets par opposition aux objets, bref, ce sont des créateurs d’objets et de choses qui ne sauraient eux-mêmes se voir rangés au milieu des choses, ni être vendus en entier ou en parcelles par le biais de leurs organes biologiques. La personne humaine est la mesure de toutes choses ; c’est elle qui est le centre autour duquel s’ordonnent les choses de son monde, l’être qui est au coeur de tout échange et qui par conséquent n’entre pas lui-même dans la transaction des formes de l’avoir.



Mais l’idéalisme kantien qui est l’idéalisme de la plupart des philosophes, n’ignore pas que tout le monde ne voit ni ce ciel étoilé comme il le voit, ni ne s’ouvre à cette loi morale au-dedans de sa conscience. Sinon comment expliquer autrement toutes ces formes d’esclavages d’hier et d’aujourd’hui, tous ces réseaux de pédophilie ainsi que cette aggravation du degré de prostitution aussi bien féminine que masculine ? La vente des médicaments périmés sur les trottoirs de Douala et de Yaoundé ?



CONCLUSION



Comme on peut le voir, ce n’est pas l’argent en tant que tel qu’il faut rendre responsable de toutes ces dérives. Car la responsabilité ne s’applique pas aux objets, aux outils, aux instruments, mais à l’homme, en tant qu’il est une conscience douée de liberté et par conséquent capable de voir le bien et de néanmoins choisir le mal.



L’argent est un outil créé par l’homme. C’est l’homme lui-même qui choisit d’établir tel ou tel rapport avec l’outil qu’il s’est donné. Et il en est de l’argent comme de tout outil : il peut être utilisé pour une bonne cause, tout comme pour une mauvaise cause. Le mal d’égoïsme et d’indifférence au sort des semblables ainsi que le mal de méchanceté ne se trouvent nulle part inscrits dans la nature des choses et visibles à l’œil nu. Le mal est la création de l’homme toujours porté à laisser la voix de ses pulsions et de ses instincts les plus primaires étouffer la voix de la raison et de la conscience morale.



A partir de là, où pourrait bien se trouver les limites du pouvoir de l’argent si ce n’est dans la conscience humaine elle-même ? Celui qui achète ses diplômes auprès des trafiquants équipés de faux cachets, de fausses attestations et de fausses signatures estampillées, croit-il sincèrement avoir acquis les connaissances et les compétences que le diplôme est supposé lui reconnaître ? Qu’est-ce que l’argent lui a permis réellement d’acquérir ? Ce n’est pas ce savoir ni ces compétences, mais une illusion de tout cela. Une autre limite lui sera imposée sur le terrain de la mise en pratique de ce qu’il est supposé posséder comme savoir-faire ; et c’est alors que le faux chirurgien poussera l’imposture jusqu’à s’emparer du bistouri et à pénétrer dans la salle d’opération pour y créer le scandale d’une intervention chirurgicale assassine ! C’est arrivé ici même à Yaoundé, il n’ y a pas si longtemps ! Vous vous en souvenez certainement.



Si l’argent permet de s’acheter un lit, aucun montant d’argent ne permet de s’acheter le sommeil tranquille pour y dormir
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Images


La conférence va commencer; le présentateur Emile KEMOGNE a la parole

Un angle de la salle montrant beaucoup d'assistants debout sur les côtés

Les 350 places assises de la grande salle de conférence du Centre Culturel Français ont toutes été prises assaut.

La phase des questions au conférencier: une enseignante de philosophie

Au fond de l'image, le Directeur du Centre Culturel Français veille sur Mr Njoh Mouelle sollicité par de nombreux étudiants qui veulent se faire dédicacer ses livres.

Njoh Mouelle dédicaçant ses livres... debout.

Les conditions deviennent de plus en plus difficiles dans la phase des autographes et dédicaces
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(C)octobre 2007 Réalisation BDSOFT