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Actualité du 13-06-2009

11 et 12 Juin 2009 à Yaoundé, Participation au colloque International

Présentation d’une communication au colloque sur « L’Ethique de la Recherche et le développement durable : Défis et perspectives ». M. Njoh Mouelle a abordé la question sous un angle qui lui est cher, à savoir « Que gagnent les pays en voie de développement en adoptant l’idéologie de développement durable ?

La doctrine de « développement durable » s’étant élaborée à partir de quelques indications à caractère catastrophiste, les pays en retard de développement nous semblent exposés à connaître des difficultés plus réelles qu’hypothétiques, celles d’un nouveau ralentissement- blocage qui va s’imposer à leur industrialisation.( Il n’y a pas de décollage économique sans industrialisation). Nous voulons dire que l’Afrique par exemple, souffrirait bien davantage de devoir observer la consigne du développement durable qui voudrait « que le développement au service des besoins humains et de la société des hommes ne se paie pas d’une dégradation continue de l’environnement bio-physique et de l’épuisement des ressources naturelles », comme le proclame encore l’un des rapports déjà mentionnés.. Autrement dit, si l’industrialisation classique s’est vue indéfiniment retardée, il serait tout à fait illusoire de fonder de solides espoirs sur une industrialisation « durable », c’est-à-dire écologique et environnementale. Ici encore, les pays de l’hémisphère Nord ne font pas autre chose que continuer d’accentuer leur avance sur les pays du Sud. Le « Grenelle de l’Environnement » est là pour l’attester.

Il n’est pas sûr que ce soit les programmes de développement durable qui puissent permettre à nos pays de réaliser un meilleur indice de développement humain. L’IDH créé par le Pnud en 1990 pour combler une lacune du PIB qui n’évalue que la production économique sans donner la moindre information sur le bien-être individuel ou collectif. Les indicateurs sur lesquels l’IDH prend appui concernent les aspects fondamentaux de la vie quotidienne avec lesquelles les pays se trouvent aux prises en permanence : c’est l’accès à une alimentation saine, à l’eau potable, à un logement décent, à un bon niveau d’hygiène et d’accès aux soins de santé. L’IDH mesure en outre le niveau d’éducation (alphabétisation des adultes et taux de scolarisation) et le niveau de vie qui se calcule en comparant le PIB et le pouvoir d’achat.

L’indice de développement humain très élevé et dont peuvent être fiers les pays du groupe de tête, en majorité scandinaves, n’a pu être réalisé que grâce à leur croissance. Aucune économie dans le monde n’a pas encore volontairement ralenti sa croissance et ce ne sont pas les pays du Sud qui devraient le faire en se contentant de « lutter contre la pauvreté, c’est-à-dire, strictement parlant, en cherchant seulement à faire franchir le seuil de pauvreté évalué en dollars US, à la grande majorité des populations travailleuses.

Le vrai problème demeure celui de la réduction significative des inégalités qui continueront de persister même en contexte de développement durable ». C’est ici qu’ « une nouvelle nécessité, de caractère moral et politique, prend le relai intellectuel de la défaillante nécessité naturelle ». Et il ne peut s’agir que de la gouvernance qui se trouve dispersée entre les multiples gouvernances locales ne fonctionnant pas au même rythme. Il nous apparaît nécessaire de souligner l’idée selon laquelle le « développement durable » devrait constituer l’attribution principale d’une gouvernance globale en train de naître et qui ne s’est intéressée jusqu’ici qu’aux questions présentant une allure catastrophiste. Or, pour aller dans le sens de la solidarité qui lie les peuples de toutes les nations, il importe que la question du développement, « durable » ou pas, occupe une place centrale dans l’agenda de la gouvernance globale. Car c’est au sein d’une telle instance que pourrait être décidée telle ou telle répartition concertée des aires spécialisées pour des productions correspondant à la reconnaissance du principe des avantages compétitifs.

Au lieu de cette gouvernance globale, on est renvoyé au sens des responsabilités de chacune des parties prenantes : individus isolés, entreprises, gouvernements, administrations locales, voire même la très diffuse communauté internationale. Chacun est invité à concilier dans ses activités et ses projets, la performance économique, le respect de l’environnement et des individus. Et il nous est rappelé que si nous ne nous occupons que de l’économique et de l’écologie, nous pourrions promouvoir un développement viable ; si nous nous concentrons sur l’économique et le social, nous devrions en principe promouvoir un développement équitable ; et si, enfin, nous ne nous concentrons que sur le social et l’écologique, nous pourrions œuvrer en faveur d’un développement vivable. Mais aucun des trois piliers pris séparément ne serait « durable ».C’est la combinaison des trois qui pourrait favoriser un développement durable. Et c’est là que nous ajoutons : à condition qu’un tel programme soit pris en charge par une instance jouissant d’une reconnaissance et d’une autorité mondiales. Ce qui est loin d’être le cas. Dans un tel contexte, ce sont les pays du sud qui continueront de manquer de suffisamment de force pour résister à un endoctrinement d’autant plus agissant qu’il est diffus et confié aux tout puissants médias des grandes puissances. /



Le texte intégral de la communication peut être trouvée dans la rubrique Activités/colloques/politique


Ebénézer Njoh Mouelle.
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Aperçu de la salle lors de l'intervention du Pr Njoh Mouelle

Le panel présidé par le Pr Eric de Rosny de l'UCAC
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(C)octobre 2007 Réalisation BDSOFT