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Actualité du 01-02-2010

Mon opinion sur: MONDIALISATION, SOLIDARITE et RAPPORT DES FORCES

Telle qu’elle fonctionne sous les yeux de tous, la mondialisation exprime la portée de l’expansion des idéaux et des normes qui dominent et régulent les échanges internationaux de toutes sortes. Des normes et des idéaux inspirés par l’état des rapports de forces. C’est une mondialisation d’enrôlement et d’exclusion à la fois. Enrôlement quant à l’inévitable conditionnement par les normes et les idéaux produits, exclusion quant à la non prise en compte des intérêts de tous et de chacun

C’est dire qu’il manque à la logique de la mondialisation l’injection d’une nouvelle vision de l’interdépendance. Si on peut dire qu’il existe une certaine cohérence et un certain ordre du monde tel qu’il fonctionne, c’est l’ordre et la cohérence régis et déterminés par la seule réalité empirique du rapport des forces

La mondialisation devrait se doter d’une gouvernance globale se préoccupant davantage d’inclusion et d’égale responsabilisation de tous. Il devrait s’agir de faire entrer en ligne de compte, et d’une nouvelle manière, le principe de solidarité. Non pas qu’on n’ait jamais invoqué ce principe depuis toujours, mais qu’en fait, la solidarité manifestée à l’égard des économies faibles de l’hémisphère Sud et en particulier de celles d’Afrique, par les économies puissantes de l’hémisphère Nord aura été jusque là une solidarité de complémentarité fondamentalement stabilisatrice du statu quo. C’est en effet une solidarité qui a eu tendance à figer chacun dans un rôle et une fonction, à savoir que grosso modo, le Nord produit pour tout le monde tandis que le Sud consomme les productions du Nord. Echanges de produits manufacturés venant du Nord contre les produits de base tirés du Sud. Dans la logique de cette solidarité de complémentarité et d’interdépendance inégalitaire et inéquitable, les pays pauvres et en voie de développement auraient vocation à demeurer en permanence en voie de développement et pauvres. Et c’est bien cette réalité que les statistiques économiques traduisent tous les ans lorsqu’elles font constater que le fossé ne cesse de se creuser entre le Nord et le Sud, entre les riches et les pauvres !

Il faudrait résolument considérer la mondialisation comme une entreprise commune, mieux, comme un projet commun. Le danger pour les pays pauvres et en voie de développement consisterait à se dire que la mondialisation est achevée alors qu’elle demeure toute entière à construire, ne serait-ce qu’en ce qui concerne sa gouvernance globale.

En effet, la mise en place d’une gouvernance globale devrait tendre à atténuer la virulence de la confrontation des intérêts égoïstes des uns et des autres. C’est ici que l’idée de la mondialisation comme un projet commun prend toute sa signification. Déjà à l’intérieur des jeunes nations par exemple, le fait que certains acteurs de la vie politique économique, sociale et culturelle ne se donnent pas la construction de la nation dans son ensemble comme étant aussi leur projet personnel, se trouve être la cause de divers dysfonctionnements et agissements « contre- développement » qu’ils provoquent. On devrait se concentrer davantage aujourd’hui sur l’idée et la réalisation de la gouvernance globale étant donné que si la mondialisation est une réalité, la gouvernance globale ne l’est pas encore. Il y a sûrement gouvernance mais elle n’est pas globale ; et c’est bien cette idée qui demeure celle d’un projet devant être assumé et porté par tous les partenaires de la mondialité.

C’est bien parce que cette gouvernance globale est considérée par une catégorie de protagonistes des relations internationales comme déjà réalisée que leur attention est plus systématiquement tournée vers la qualification, en bonne ou mauvaise, de certaines gouvernances locales, en particulier la gouvernance dans les pays africains. Comme si la gouvernance de la mondialisation pouvait être exempte de critiques quand on considère les dysfonctionnements qu’elle engendre en matière de justice et d’équité. On se maintient ici dans la logique de l’exclusion qui est celle qui fonctionne par exemple dans le contexte où celui qui « Aide » et celui qui est « Aidé » s’excluent l’un l’autre comme ne faisant pas partie du même espace ou du même monde. Ils ne sont pas semblables comme peuvent l’être soit les pays développés entre eux, soit les pays sous-développés entre eux. Entre pays développés la solidarité s’exprime en termes de « mise à niveau » des économies des moins avancées et non en termes d’ « Aide ». De même, entre pays en voie de développement, la solidarité ne s’exprime pas en termes d’Aide mais de collaboration. Tout cela montre que le genre de solidarité qui devrait inspirer les acteurs de la gouvernance globale est celui qui instaure chez tous les protagonistes le sentiment de partager la même responsabilité. Ce qui veut dire que l’idée de solidarité ne saurait composer avec celle d’unilatéralisme Il ‘agit d’une solidarité qui devrait supposer non seulement la réciprocité et la mutualité, mais encore le partage juste et équitable. Et c’est le lieu de saluer le retour au multilatéralisme prôné et pratiqué par le président Obama.

Si le phénomène du réchauffement de la Terre est en train d’accélérer la prise de conscience de la réalité d’un destin commun perçu à travers une éventualité d’apocalypse qui ne fera pas de discrimination entre les riches et les pauvres, il ne faudra pas perdre de vue que la non prise en compte de cette autre menace qui s’appelle le creusement continuel et exponentiel des écarts de développement entre le Nord et le Sud met tout autant en péril ce même destin des hommes.

Ce que nous mettons sous le vocable de gouvernance globale est politique et éthique. Nous présentons une vision de la solidarité qui demande à être soutenue par une volonté politique qui serait résolue à atténuer les effets de la loi du plus fort qu’engendre le libre jeu du rapport des forces que favorise une mondialisation conçue comme le règne du laisser-faire et du laisser-aller absolus. La gouvernance globale, à travers un G20 ou un G30 représentatif de toutes les forces en présence devrait faire autre chose que poser des actions d’assistance et de sauvetage ponctuels, pour réellement donner à l’idée de délocalisation industrielle toutes les expressions positives dont elle est porteuse./
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(C)octobre 2007 Réalisation BDSOFT