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Actualité du 19-12-2011

Douala le 13 décembre 2011, nouvelle conférence dédicace de son dernier livre L’Etat et les clivages ethniques en Afrique

Au Centre Culturel Français Blaise Cendrars de Douala. Monsieur Njoh Mouelle a saisi l'occasion de cette conférence dédicace pour conduire une réflexion sur le thème de l’identité camerounaise ; autrement dit sur ce que l’Histoire et l’Actualité plus ou moins récentes peuvent permettre de tracer en guise de portrait du Camerounais.

Présentation du conférencier Ébénezer Njoh Mouelle par Mme Aïda Sy Wonyu, Directrice du Centre Culturel.

« Philosophe et homme politique », tel est le frontispice de ce temple moderne qu’est un site internet personnel (www.njohmouelle.org). Tous les éléments de l’admiration idolâtre y sont : une photographie, une biographie qui frise l’hagiographie, la pensée du maître (la rubrique « opinion sur »).

Et pourtant, la photo s’avère celle d’un homme au sourire avenant, qui vous accueille et invite à entrer dans sa maison virtuelle. « Ici tout est dialogue », ai-je envie de dire. L’homme/le site est généreux, prolifique, magnifique. Est-ce le véritable Ébénezer Njoh Mouelle, une fois passée la barrière du philosophe austère et du haut-fonctionnaire camerounais guindé ? dans un pays où, hélas, les hommes publics se livrent si peu ?

Ces quelques mots pour vous dire combien je suis touchée de vous avoir ici, Professeur car nous avons plus de points communs que vous ne l’imaginez : vous êtes mon camarade du lycée Henri IV à Paris où vous fûtes khâgneux ; moi aussi khâgneuse à Louis-le-Grand mais ayant fait une terminale à H IV, lycée où vous auriez pu croiser mon père chartiste, votre aîné de sept ans. Vous êtes aussi le premier philosophe camerounais qu’il me fut donné de lire après avoir entendu parler de vous par des professeurs de l’université de Dakar. « De la médiocrité à l’excellence » est aussi l’un des deux premiers livres camerounais qu’il me fut recommandé de lire par quelqu’un qui m’est très cher. Imaginez donc ma joie de vous recevoir ici, une semaine après l’auteur du second livre, le Père de Rosny.

Enfin, nous nous sommes croisés plusieurs fois depuis mon installation au Cameroun et j’ai pu confronter ma première impression livresque à la réalité de votre personnalité lumineuse. Vous vous présentez comme un philosophe du quotidien et du concret, avec la modestie qui vous caractérise. Je dirais plutôt que vous êtes un formidable passeur qui suscite l’envie d’aller vers l’excellence et, comme on dit trivialement, donner le meilleur de soi.

Donc un homme que je n’ai pas vraiment besoin de présenter car connu de tous et lu de beaucoup. Quelques éléments tout de même. Vous êtes un penseur, auteur de la série des Jalons (1970, 1975 et 1986) et De la médiocrité à l’excellence (1970) ; je citerai aussi le très beau Discours sur la vie quotidienne de 2007. Un intellectuel au sens classique du terme qui confronte sa pensée et suscite celle des autres au sein du CERCAPHI dont vous êtes l’âme. Un pédagogue authentique qui a certes quitté trop tôt les amphithéâtres appelé à servir l’État mais qui n’a jamais cessé de transmettre, comme on peut le voir aujourd’hui sur votre site internet où vous dissertez avec de nombreux élèves, étudiants et chercheurs. Enfin, serviteur de l’État et de la politique puisque vous fûtes, entre autres, député et ministre. Député de la nation (2001) est d’ailleurs le fruit de cette expérience.

Aujourd’hui, vous revenez au Centre culturel français de Douala, futur Institut français du Cameroun, à l’occasion de la parution d’un ouvrage à deux voix avec Thierry MICHALON, L’État et les clivages ethniques en Afrique. Il s’agit du fruit d’une conférence donnée en mai 2010 sur le même thème. Je ne m’étendrai pas là-dessus car vous en parlerez mieux que moi. Vous avez choisi de nous inviter à une « Réflexion sur la personnalité camerounaise ». Qu’est-ce qu’être camerounais ? Existe-t-il un personnalité camerounaise ? Questions que je me pose depuis vingt ans. Aussi, comme vous tous ici présents, j’espère avoir des réponses et attends beaucoup de vous, Professeur.



Résumé de la Conférence

Le Cameroun et le Camerounais sont des constructions historiques et non des données de la nature. Les réalités démographiques qui se sont reconnues dans l’espace commun d’habitation se déclinent au pluriel. Ce sont des ethnies qui présentent chacune sa propre personnalité culturelle et son tempérament physique particulier.

Il y a lieu de nous féliciter de l’apparition récente dans le milieu des artistes-comédiens, de la catégorie fort utile des humoristes. Ils font rire leurs audiences en racontant des histoires qui grossissent des traits caractéristiques des diverses ethnies. Tout le monde rit gentiment de tout le monde, dans la mesure où l’humoriste qui pratique l’autodérision ne se prive pas de se moquer des gens de sa propre ethnie. En faisant rire à tour de rôle les uns aux dépens des autres, il contribue très positivement et subtilement à faire se rapprocher les différentes composantes du peuple du Cameroun. Il contribue à l’érosion progressive des sensibilités et des amours- propres qui se sentaient blessées trop rapidement naguère.

Le Camerounais est un homme ou une femme en qui l’Histoire de son pays a inoculé une certaine idée de sa singularité et de son originalité. Il développe une certaine fierté doublée d’un esprit d’indépendance et de volonté d’affirmation de sa personnalité, lui dont le pays n’a point été formellement une colonie, mais d’abord un protectorat, puis un Territoire sous mandat, successivement de la Société des Nations et de l’Onu, placé sous administration franco-britannique, lui qui ne s’est pas fait octroyer son indépendance politique mais l’ a conquise de haute lutte, lui qui a converti l’héritage culturel historique en volonté de bilinguisme officiel. Son pays a su marquer sa différence en se retirant la même année de l’OCAM (Organisation Commune Africaine et mauricienne) et de la compagnie multinationale d’Air Afrique pour créer la Cameroon Airlines. Il appartient à un peuple dynamique et travailleur. Un peuple qui compte en son sein une importante classe d’hommes d’affaires et de promoteurs économiques nationaux, garants d’un développement autocentré. Un peuple fier de ses symboles forts dans le domaine culturel et sportif. Ses dérives récentes en délinquances économiques et en corruption sont des phénomènes contingents que l’avenir doit effacer. Une certaine tendance à l’égocentrisme ne l’empêche pas d’être un homme ouvert et accueillant pour l’étranger. Il est profondément pacifique mais sait se battre quand il le faut. Il est conscient de ce que son pays regorge de potentialités de richesses et n’est pas un endroit où on meurt de faim. Autant chercher à sauvegarder ces grands atouts, quoi qu’il arrive, pense-t-il avec raison.
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Images


Une attitude du conférencier pendant son intervention

Une vue de l'angle gauche de l'assistance

Une vue du côté droit de la salle

une vue de face de la salle et de l'assistance

Le Conférencier note les questions qu'on lui pose

un participant pendant la séquence des questions-réponses

Mme Edith KAH WALLAH en train de poser une question au conférencier

Quelques dédicaces du livre


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(C)octobre 2007 Réalisation BDSOFT