Visiteurs:30205603
En ligne:00027
Accueil   Actualité au quotidien  
Document sans titre
Document sans titre
details des articles

Actualité du 21-06-2012

CAFE – PHILO du 19 Juin 2012 au CERCLE CAMEROUNAIS DE PHILOSOPHIE

Le Cercle camerounais de philosophie (Cercaphi) a discuté avec deux universitaires venus, l’une des Etats-Unis et l’autre de France. Madame Haneta Vete-Congolo, Martiniquaise d’origine, enseigne la littérature caribéenne aux Etats-Unis et Laurent Bodmer, la philosophie politique à l’université de Paris Val-de-Marne. L’exposé de Madame Vete-Congolo, « Le réel de notre Afrique mythique, l’africanisation de l’Amérique » a suscité un intéressant débat

Il s’est agi d’un changement de programme décidé par le président du Cercaphi, Ebénézer Njoh Mouelle qui n’a pas voulu laisser s’échapper l’occasion de la visite de ces deux universitaires venus pour de brèves missions d’enseignement à l’université de Yaoundé I. Le programme du mois prévoyait plutôt la discussion du livre du Congolais (ex Zaïrois) ELUNGU P.E.A. intitulé « Tradition africaine et rationalité moderne » et édité chez l’Harmattan en 1987. Cette discussion est renvoyée à la dernière séance de l’année, à savoir le 17 juillet 2012 dans les nouveaux locaux du Centre de Lecture et d’animation culturelle (CLAC) sis au quartier Mimboman-Liberté à Yaoundé et inauguré le 29 mars dernier

Le présent compte rendu portera essentiellement sur l’exposé de Madame Haneta Vete-Congolo qui ne manquait pas d’avoir un rapport avec le thème du livre de ELUGU qui était programmé. En effet, d’entrée de propos, Madame Vete-Congolo a surpris l’auditoire en affirmant que depuis qu’elle est arrivée à Yaoundé, voire, depuis l’avion qui l’a transporté de Paris à Yaoundé, elle n’a pas cessé d’être « agressée » ! Ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’agression physique étaient hors sujet. Il s’agissait en fait de choc ressenti devant des femmes portant des perruques plutôt que de mettre en valeur leurs cheveux naturels de femmes noires, des affiches publicitaires invitant les Camerounaises à acheter des produits éclaircissants de leur peau, et d’autres faits encore qui attestent de la permanence d’un complexe d’infériorité à l’égard du « Blanc». « Je suis arrivée en tant que « nègre » ; mais j’ai trouvé un Cameroun qui m’est apparu moins « nègre » que je ne m’y attendais » a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Le Cameroun ne se serait-il pas éloigné de ce qui aurait dû constituer son authenticité » ? Concluant ses remarques sur ce point, Madame Vete-Congolo n’a pas hésité à affirmer qu’« Il est possible que l’Afrique réelle soit aujourd’hui davantage portée par les exilés ». La déportation a été un phénomène de rupture doublement forcée, certes, mais les déportés ont réussi à retrouver la mémoire de leur identité originelle. Même si, la descendante des déportés qu’elle est, reconnaît que si elle peut affirmer qu’elle est d’Afrique, elle ne saurait en même temps prétendre qu’elle est Africaine. Une nouvelle culture d’origine africaine a été forgée dans les Caraïbes et l’invention du créole en est l’un des témoignages.

La longue discussion qui a suivi l’exposé de madame Vete-Congolo a porté sur des questions telles celle de savoir si même en Afrique il y a encore lieu d’identifier le « nègre originel », le « nègre fondamental » ; si le fait pour les Africains eux-mêmes d’avoir été embarqués dans le processus de l’acculturation et du développement les a conduits à se sentir comme des sortes d’ « exilés sur place », les conséquences de cet exil ne pouvaient pas être autre chose que ce qui est observé en matière de permanence du complexe d’infériorité et du regard admiratif maintenu tourné vers les productions de l’ancien colonisateur. Le titre de l’exposé de l’hôte du Cercaphi n’est-il pas fondé à parler de « notre Afrique mythique » ? Il y a cependant lieu d’atténuer cette perception. L’Afrique traditionnelle reste vivace à travers les comportements et les visions de monde. La campagne africaine, bien plus que les villes, reste le lieu d’une authenticité du nègre et de la tradition. Il faut aussi rappeler cette vérité qui voudrait que le meilleur traditionalisme soit celui qui est prêt à accepter et à intégrer de nouvelles traditions.
Document sans titre
Images


une vue de la salle

Le mot d'ouverture de la séance par le Président du CECAPHI

Laurent BODMER entrain d'exposer.

Aparté avec Laurent BODMER

échanges convivaux à la fin du débat

Madame Haneta Vete-Congolo lors de son intervention

1
(C)octobre 2007 Réalisation BDSOFT