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Actualité du 30-10-2012

SALON DU LIVRE DE YAOUNDE, 25-27 OCTOBRE 2012

Sollicité par l'Association Nationale des Editeurs de livres du Cameroun(ANELCAM), E. Njoh Mouelle a eu l'honneur de prononcer le discours de circonstance à la cérémonie d'ouverture du premier salon du livre de Yaoundé

Monsieur le Représentant de Madame le Ministre des Arts et de la Culture,

Monsieur le Représentant du Ministre du Commerce,

Monsieur le Représentant du Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé,

Messieurs et Mesdames les représentants des missions diplomatiques à Yaoundé,

Madame La Présidente de l’Association des Editeurs de livres du Cameroun,

Messieurs et Mesdames les Editeurs et les écrivains,

Mesdames et Messieurs,



Je remercie l’ANELCAM et sa Présidente de m’offrir un espace-temps pour dire un mot de circonstance dans le cadre de la présente cérémonie d’ouverture du Salon de livres de Yaoundé.

Permettez-moi, Excellences, Mesdames et Messieurs, de commencer par saluer la belle et militante initiative que voici. Comment ne pas féliciter et encourager la jeune Association Nationale des Editeurs de livres du Cameroun, pour avoir pensé à mettre en pratique une idée chère à tous ceux qui militent en faveur de la promotion du livre et de la lecture dans notre pays !

La création du Salon du livre de Yaoundé est une illustration de la prise de conscience par les éditeurs, de la responsabilité qui leur incombe, peut-être davantage ici en pays en voie de développement qu’en pays développé, eu égard à la promotion d’une compréhension moins étriquée du rôle du livre dans la culture de l’esprit.

Vous avez donné un nom de baptême au présent salon, à savoir « Le Salon du livre de Yaoundé ». Le Salon du Livre de Yaoundé est né et ne saurait faire autre chose que grandir, mûrir et s’épanouir. IL a vocation à devenir une institution à l’instar de nombreux autres salons à travers le monde, et qui sont eux aussi nés un jour. Si le Salon du livre de Paris a été créé en 1981 par Jack Lang, Ministre de la Culture du Président François Mitterrand, celui de Rimouski au Canada est né en 1964 à l’initiative d’une sorte d’ONG, ‘’les Dames de Champlain’’, et celui de Beyrouth, en 1992, créé au lendemain de la guerre et à l’initiative de l’Ambassade de France.

Je n’évoque ces autres expériences que pour dire à l’ANELCAM qu’elle s’inscrit dans une lignée tout à fait naturelle en créant une institution qui porte un nom et affiche une devise, à savoir : « Le livre, une machine à se projeter dans le futur ». Nous attendrons d’elle qu’elle s’impose à elle-même de tenir ferme la périodicité bisannuelle qu’elle s’est fixée. Le Salon de Beyrouth s’est donné comme devise : « Lire en français et en musique », parce que les disquaires libanais se sont associés à la manifestation en la faisant devenir « Le Salon Francophone du livre, du disque et du multimédia ». Le Salon du Livre de Rimouski s’était baptisé : « Pour connaître le chemin de la librairie » parce que, ici aussi, il y a eu association et synergie entre l’ONG ‘’Les Dames de Champlain’’ et La Librairie rimouskoise de l’époque.

Parlant de librairie, Je saisis l’occasion pour rappeler que jusqu’au début du XIXè siècle, les libraires étaient également éditeurs. Ils achetaient des manuscrits aux auteurs, les faisaient imprimer et les vendaient dans leurs boutiques. La division des tâches est intervenue au cours du même XIXè siècle et a imposé la distinction et la séparation entre « l’édition » et la « librairie ».

Dans notre contexte camerounais d’aujourd’hui, si la séparation entre l’éditeur et le libraire est nette et observée, un regrettable glissement de responsabilité continue de se produire entre l’imprimeur et l’éditeur. Il y a lieu de rappeler ici qu’on ne peut pas parler d’éditeur et d’édition sans parler de comités de lecture spécialisés. L’imprimeur qui n’a aucune autre obligation que celle d’imprimer les documents de toutes sortes qui lui sont soumis moyennant paiement, n’engage nullement sa responsabilité par rapport au contenu des travaux et documents qu’il imprime. Et cela va de la simple carte de visite au livre.

Il n’y a pas que les contenus qui nécessitent l’intervention des lecteurs spécialisés ; il y a aussi la qualité de la langue et la qualité de l’écriture.

Permettez-moi, Excellences, Mesdames et Messieurs, de m’arrêter un bref instant sur cette considération relative à la langue. Que ce soit en français ou en anglais, nous écrivons dans des langues étrangères, mais des langues devenues nôtres et qui nous permettent d’être lus dans le monde entier, parce que ce sont des langues de grande communication. A partir du moment où nous décidons d’écrire et de communiquer par le moyen de la langue française ou de la langue anglaise, il s’impose à nous le devoir de nous soucier de le faire le plus correctement et le plus bellement possible. On ne fait pas dans les « belles lettres », quand on est romancier ou poète francophone, en s’autorisant des imperfections et des incorrections sous le mauvais prétexte que ce n’est pas notre langue maternelle.

Je le disais le 24 avril 2010, à l’occasion de la remise des prix du concours d’écriture francophone : « On n’écrit pas un roman en français en se justifiant d’avance de sa non-maîtrise de la langue et en disant : le français n’est pas ma langue maternelle » Se soucier d’écrire dans une langue correcte et maîtrisée est un hommage et un devoir de politesse à l’égard du potentiel lecteur.

Pourquoi écrit-on ?

De nombreuses raisons, de nombreux motifs poussent les uns et les autres à écrire. Ce n’est pas le lieu ici de les passer en revue. Qu’il me soit permis de rappeler que même si nous écrivons pour exprimer une insatisfaction, pour faire partager des rêves, des espoirs ou des désillusions, pour transmettre des messages, nous ne pouvons pas oublier qu’au cœur de tout projet d’écriture, à des degrés divers certes, chez les uns et les autres, il existe et doit exister, à défaut d’un amour de la langue , un intérêt pour le soin à apporter au maniement de la langue utilisée.

En organisant cette première édition du Salon du Livre de Yaoundé, l’ANELCAM n’a pas oublié d’introduire un concours littéraire dont les lauréats seront connus au cours d’une cérémonie consacrée à l’événement et par laquelle le Salon fermera ses portes. Par cette saine émulation, je suis convaincu que la marche en faveur de la belle écriture et de la promotion de la lecture aura engagé un pas décisif.

Mais, suffira-t-il du Salon du livre de Yaoundé, de son concours littéraire pour créer le climat culturel autour du livre tel que nous en rêvons tous ? Il me semble qu’en milieu de sous-développement tel que le nôtre, en Afrique et au Cameroun, les éditeurs ne sauraient se désintéresser de la mission de suivi de l’exploitation des livres qu’ils éditent. Les seules conférences –dédicaces, le jour du lancement commercial du nouveau livre ne suffisent pas. A l’heure où les Camerounais sont friands des débats radio-télévisés, il est frappant de constater le vide de débats portant sur les contenus des livres qui paraissent. On entend rarement des panélistes faire des références, par des citations d’auteurs et de livres lus et en rapport avec les thèmes débattus. Les émissions consacrées aux livres se trouvent dramatiquement mises sous l’éteignoir par celles consacrées aux sports, aux affaires judiciaires et à la politique ! Des sujets certes préoccupants, mais des sujets qui entretiennent des passions et des pulsions primaires que devraient venir équilibrer des sujets visant la culture de l’esprit à travers les livres. Il doit être possible aux éditeurs de passer des sortes de contrats avec des médias en vue d’organiser régulièrement des discussions portant sur des livres lus par ceux qui accepteraient d’aller en débattre publiquement afin de donner envie aux auditeurs et téléspectateurs de chercher à les lire. C’est aussi de cette façon que pourrait être suscité dans tous les milieux, jeunes et moins jeunes, un besoin réellement senti de lire. La même sollicitation pourrait être dirigée vers la presse écrite qui manque aussi cruellement de responsables compétents de rubriques littéraires. Beaucoup de recensions de livres dans la presse écrite sont confiées à des « stagiaires ». Ce que les maisons d’édition ne pouvaient pas envisager de faire chacune pour soi, je crois que l’ANELCAM qui a le mérite d’exister aujourd’hui pourrait le faire.

Je saisis cette occasion pour féliciter au passage l’Association pour la Conservation et la diffusion du savoir (ACDIS) qui est une initiative de quelques jeunes gens, soutenue par l’ANELCAM, et qui fait notamment fonctionner un concept intitulé « J’ai lu et j’en parle ».

Tout en m’excusant d’avoir pris un peu plus de temps que je ne le souhaitais, je vais terminer en émettant le vœu pour que la première édition du Salon du livre de Yaoundé connaisse un grand succès et se prépare à s’installer durablement dans la vie culturelle du Cameroun.

VIVE LE PREMIER SALON DU LIVRE DE YAOUNDE. Je vous remercie de votre bien aimable attention.
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Avant le discours d'ouverture

Entrain de prononcer le discours d'ouverture du salon du livre

visite des stands en compagnie de la Présidente de l'ANELCAM et du Représentant du Ministre de la Culture

la Lauréate du prix de la meilleure nouvelle vient de recevoir son diplôme des mains de Monsieur Njoh Mouelle

Les lauréats du concours littéraire

fin de la cérémonie. Départ de Monsieur Njoh Mouelle
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