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Mon opinion sur... la solidarité

Mon opinion sur... la solidarité

LA SOLIDARITE EST-T-ELLE UNE VALEUR MORALE ?


Au premier abord, cette interrogation peut sembler quelque peu forcée et même artificielle !
L’aide publique au développement n’est-elle pas l’expression d’une solidarité des riches envers les pauvres ? Telle ou telle structure gouvernementale n’a-t-elle pas prévu une sous-structure dénommée direction ou service de la solidarité nationale ?
Commençons par écarter une possible confusion : la solidarité ne s’exprime ni en termes d’assistanat technique ou de partenariat dissymétrique, ni encore moins en termes de cadeaux, de dons,  de charité, bref d’altruisme.
L’idée de solidarité inclut celles de totalité ou de collectif et d’interdépendance dans l’organisation de la totalité ou du collectif.
De deux choses l’une : soit que la solidarité est de type physique, soit que la solidarité est de type moral. Quand elle est de type physique, elle fonctionne mécaniquement comme une loi de la nature qui régit la relation entre les parties et le tout. Quand elle est de type moral,  elle suppose l’intervention de la volonté  et de la liberté des hommes et ne  s’impose donc pas avec nécessité, comme c’est le cas dans la solidarité physique.
L’engagement des hommes en société, (des parties composantes du tout) est nécessaire à la mise en marche d’une solidarité efficiente. Autrement dit, il faut qu’existe ici, dans la société des hommes, une volonté de solidarité qui s’appelle plus volonté politique quand on est à l’intérieur de chaque nation ou quand on se situe au plan des relations entre les nations.
On pourrait penser que ce qui se passe dans le cadre de l’ébauche d’une gouvernance mondiale encore balbutiante correspondrait à l’organisation d’une solidarité de type moral en raison de la nature des sujets inscrits dans leurs agendas. Des sujets qui engagent le destin de l’ensemble de l’humanité : réchauffement de la planète, pollution, épuisement des ressources naturelles et sauvegarde des intérêts des générations futures, etc.  
A y regarder de près on se rend vite compte qu’il s’agit d’une solidarité plus ou moins imposée aux faibles par les forts. Et que par conséquent, la coercition exercée ici sur la volonté des faibles, en tant que rapport de forces, ressemble à l’inéluctabilité de la loi physique. Car en effet, comment considérer autrement les conditionnalités multiples que les plus forts imposent aux plus faibles avant de leur faire  bénéficier  de ce qu’ils considèrent comme leur solidarité ?
N’est-il pas manifeste à partir de là, que cette solidarité internationale ne fait pas penser à un principe éthique, ne serait-ce qu’à cause de l’omniprésence de la confrontation des intérêts en son sein ?
La solidarité qui fonde un groupe ou une organisation ne semble-t-elle pas se tisser toujours autour d’un intérêt commun qui peut être un destin commun à toutes les composantes du groupe ?
 En revenant aux relations internationales, on pourrait être porté à penser que les sujets de l’agenda des conférences du G7 et du G20 constituent le noyau des intérêts situés au cœur du destin commun à toutes les nations.
Brandir le spectre de la catastrophe qui menacerait le destin de l’humanité si les uns et les autres n’appliquaient pas les prescriptions devant permettre de contrôler le réchauffement climatique, la course à la croissance (peu soucieuse de l’épuisement des ressources naturelles), ou encore la pollution, tout cela suffit-il pour créer l’adhésion de ceux qui courent encore derrière la croissance et ne sont  responsables, ni de la menace d’épuisement des ressources naturelles, ni du haut degré de pollution accusée de détruire la couche d’ozone ?
Rien d’étonnant que les ressortissants des pays en voie de développement ne se sentent que passablement motivés à adopter le programme supposé être inspiré par la nécessité de défendre un intérêt ou une cause dont ils devraient se sentir solidaires.
Sur quel fondement devrait donc reposer la solidarité en action pour qu’elle puisse être considérée comme une valeur morale ? Car aussi longtemps qu’elle s’appuie sur la satisfaction d’un intérêt, même d’un intérêt collectif, elle semblerait se disqualifier en tant que valeur morale. Et cela, dans la mesure où elle peut se dresser face à d’autres solidarités de groupes, comme c’est le cas lorsque les groupes régionaux se dressent les uns sinon contre les autres, du moins face aux autres, L’Union Européenne face aux États-Unis d’Amérique,  le Tiers-monde face aux G7 et G20, voire tel groupe ethnique face à tel autre groupe ethnique, etc.
C’est alors qu’on pourrait nous faire valoir, qu’au niveau de l’ensemble de l’humanité, on n’aurait plus affaire à un groupe sectaire mais au groupe absolu et à une sorte de groupe universel au niveau duquel disparaîtraient les concepts d’égoïsme et d’intérêt.
On ajouterait alors qu’ici, tout le monde deviendrait kantien en adoptant le principe selon lequel il faudrait toujours agir de sorte à vouloir que la maxime de notre action soit érigée en loi universelle !
Et pourtant, l’idée même de solidarité appelle l’idée de pluralité et de multiplicité. Quand on n’est plus qu’un et non plusieurs, on ne parle pas de solidarité avec soi-même, ni d’obligation morale vis-à vis de soi-même.
Serait-ce, ce qui se passerait quand on se hisse au niveau de la considération de l’humanité entière ? Cesserait-elle d’être plurielle ? Si on répond par la négative en affirmant qu’elle reste plurielle, on continuerait donc d’y trouver des ensembles solidaires face à d’autres ensembles solidaires et sous le règne de la loi de la jungle.
Si par contre on répond par l’affirmative en postulant que la défense des intérêts de l’humanité fait disparaître les sous-groupes, et laisse la place à un seul groupe, on verrait disparaître par la même occasion toute préoccupation éthique et la solidarité se verrait condamnée à se situer en dehors de la moralité pour laisser s’exprimer la véritable moralité qui ne connaît qu’un seul intérêt, l’intérêt pour le Bien.


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