Visiteurs:30010289
En ligne:00032
Accueil   Actualité au quotidien  
Document sans titre
Document sans titre
details des articles

Actualité du 07-12-2011

ECHOS DU NGONDO 2011: 4 décembre à Douala

On peut lire ici deux articles, l’un intitulé Echos du Ngondo et l’autre consacré à l’incident survenu pendant la course des pirogues et qui a failli coûter la victoire à la pirogue plusieurs fois championne des dix-neuf dernières années.

Que restera-t-il dans les mémoires comme souvenirs du Ngondo 2011 ?

Il est préférable de traiter par cet angle l’édition du Ngondo qui s’est clôturée dimanche 4 décembre sur les berges du fleuve à Douala. En relevant ce qui ne s’est pas fait comme d’habitude, on soulève ipso facto la question du pourquoi cela.

1°-Et tout d’abord, l’espace du « parc des princes » habituellement réservé aux soirées culturelles et autres foires de dégustation des plats gastronomiques est resté fermé aux organisateurs du Ngondo 2011. Le stade Mbappé Leppé s’est trouvé être l’espace de remplacement. Cet espace aura été boudé par bien des gens qui considéraient que le stade Mbappé Leppé appelé auparavant stade Akwa ne recelait aucun indice des secrets de la tradition. Si le Prince René Douala Manga Bell est absent du Cameroun, le motif de l’indisponibilité de l’espace du Parc des princes ne vient pas de là ; il viendrait d’un différend entre le président sortant et l’actuel président du Ngondo au sujet de la désignation du nouveau secrétaire Général du Ngondo, un Bellois que le président sortant estimait devoir désigner au lieu que son collègue, le chef du Canton Akwa se soit cru fondé à choisir son Bellois à lui, parmi les prétendants au poste de secrétaire général.

2°-La caravane du Ngondo s’est vue refuser l’entrée dans le canton Pongo à Dibombari par le chef du canton. Opposition ferme assortie de barricades posées sur le parcours, malgré l’intervention du sous-préfet de Dibombari qui n’a pas pu fléchir le chef du canton. Pourquoi cette résistance ? Il se raconte que la colère des chefs traditionnels autres que ceux du département du Wouri à Douala, serait venue du fait qu'ils n’auraient pas été associés au partage des enveloppes d’argent de la toute dernière campagne électorale. La réaction de Dibombari aurait donc été symptomatique d’une querelle récente autour de la marginalisation des autres chefferies traditionnelles par celles situées au chef-lieu de la province du Littoral, à Douala.

3°- Le dimanche matin 4 novembre, les participants ne se sont pas fait présenter la Miss Ngondo 2011 comme cela se fait d’habitude. Et pourtant, l’élection de la Miss Ngondo a bel et bien eu lieu. Qu’est-ce qui explique cette défaillance ? Ce serait peut-être à mettre sur le compte des nombreuses défaillances constatées et dont la plus lourde de signification se trouve dans la très mauvaise gestion du moment de la messe de l’eau proprement dite. On a constaté qu’au moment où le vase sacré et le plongeur remontaient sur la pirogue des officiants, au lieu que l’officiant continue de demander au public de demeurer silencieux et attentif au retour de la pirogue en direction de la case sacrée, il a plutôt tourné le dos au fleuve et s’est engagé dans la lecture de la longue liste des nombreux sponsors enregistrés cette année, détournant l’attention de tout le public de ce moment pourtant central dans le déroulement de la cérémonie.

4°- Le défilé très coloré des groupes de « ngosso » des divers quartiers qui se produit souvent au beau milieu de la matinée de dimanche n’était point au rendez-vous. On peut dire sans exagérer que cette matinée était morne et ennuyeuse à en mourir ! La finale de la lutte traditionnelle qui n’aura duré en tout et pour tout que trois ou quatre minutes aura été le seul moment qui aura soulevé une clameur dans cet espace morne.

5°- Mais l’événement le plus préoccupant de cette dernière édition du Ngondo ne se trouve-t-il pas être le retour bredouille du vase sacré des profondeurs des eaux du fleuve ? Le porte- parole a annoncé solennellement que le vase sacré, en l’occurrence le panier sacré est rentré vide, c’est-à-dire sans aucun message envoyé par les esprits des eaux (ancêtres ou divinités). Tous les Sawas en ont été sidérés. C’est bien la première fois que cela se produit depuis la reprise du Ngondo en 1991. Comme commentaires, on entendait tout le monde dire que ça n’a rien d’étonnant, au vu des problèmes et des querelles que les chefs traditionnels suscitent et entretiennent entre eux et qui commencent à trop tourner autour des questions d’argent !

6°-Le sixième événement sortant de l’ordinaire se sera produit autour de la course des pirogues remportée pour la quinzième fois par la pirogue des Ewodis malgré une tentative éhontée des Jébalè qui avaient choisi de faire chavirer les Ewodis dès le départ en cassant la figure de proue de leur pirogue dont les nombreuse victoires avaient fini par lasser les challengers. Le Secrétaire Général Adjoint N° 1, un ressortissant de Jébalé jouant le rôle de maître des cérémonies, le micro en mains, s’est particulièrement distingué dans cet épisode par son aveuglement à vouloir modifier une réalité qui était tombée sous les sens de tout le public ayant suivi l’arrivée de la course, Lui qui n’a pas arrêté de gloser sur la paix tout au long de la matinée, pendant qu’il était l’instrument d’un complot contre la paix avec les Ewodis ! Il a perdu et lamentablement !

Que dire en conclusion de tout ce qui précède ? L’orthodoxie se perd dans le Ngondo en matière véritablement traditionnelle. Les officiants de dimanche matin procèdent à la superficie des choses et ne savent même pas soigner les apparences. En second lieu, une confusion est en train de s’installer entre le désir d’authenticité et le projet d’adaptation devant conduire à la dimension de l’organisation d’un carnaval qui n’ait plus rien à voir avec la tradition mystique et se consacre de façon plus professionnelle à l’aspect « business ». Dans cette orientation, il ne s’agirait plus seulement d’une affaire des Sawas du Littoral, mais d’hommes d’affaires de toutes origines capables de drainer des fonds dans cette affaire pour mettre en valeur des produits culturels non plus seulement Sawas mais camerounais. Cela pourrait donner un sens à la multiplication des groupes culturels en ce moment dans notre pays. Une question à faire étudier.
Document sans titre
Images


Le Secrétaire Général du Ngondo tient entre ses mains le "panier sacré" supposé contenir le message des ancêtres

Le Président du Ngondo vient de réceptionner le panier sacré qu'il présente à ses pairs.

Le Secrétaire Général du Ngondo annonce solennellement que le panier sacré n'a ramené aucun message des ancêtres
1
(C)octobre 2007 Réalisation BDSOFT