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Actualité du 03-02-2007

Rencontre de développement des élites, samedi dernier à Yabassi

Déballage public des fils et filles du Nkam

La rencontre de développement des élites, samedi dernier à Yabassi, s’est transformée en tribunal populaire.


L’appel des élites intérieures et extérieures du département du Nkam qu’avait lancé le ministre de la Communication, Ebenezer Njoh Mouellé, s’est d’emblée transformé en tribunal populaire. Les fils et filles du Nkam, étaient partis des quatre coin du Cameroun pour être de ce rendez-vous. “ Il y a très longtemps qu’on n’a plus connu pareille mobilisation ”, reconnaît une élite locale. Les élites ont profité des assises du 3 février à la salle des actes de la Commune rural de Yabassi pour déballer les maux qui empêchent ce département de se développer.



Sans fioriture, ils ont dénoncé les batailles de leadership politiciennes. Pour ne pas faire dans la dentelle, les coupables ont été dénoncés. “C’est le seul moyen de laver le linge sale ”, répétaient systématiquement les participants comme une rengaine. C’est ainsi qu’on a indexé la guerre que se livrent farouchement deux camps politiques dans le Rdpc. Celui de Moukoko Mbonjo (absent) d’un côté, et de l’autre, la coalition menée par le maire de Yabassi, Benga Dimbeng et la députée Emilienne Ekoum. Le premier reprocherait aux seconds de ne pas lui faire allégeance, “Pour leur avoir fait des élus du peuple”. Une crise épique qui a rendu l’atmosphère politique incandescente et le quotidien moralement insalubre. Chaque camp entretient des taupes, qui multiplient délations, calomnies et médisances. Avec en prime, une haine féroce et des menaces de mort que les protagonistes brandissent comme des épouvantails. “ Cette haine est plus dévastatrice que la sorcellerie présentée comme le frein au développement de notre département ” dénoncera un dignitaire.



On a également accusé M. Kwedi Batakè, douanier et protégé de Moukoko Mbonjo, d’avoir tenu des propos injurieux à l’endroit du chef supérieur Yabassi, Benga Dingon Bruno, récemment en tournée à Yaoundé et Douala pour les préparatifs du Ngan’Nkam.



Selon certains participants, les réseaux étaient activés en permanence pour torpiller la réalisation des projets de développement qu’initiaient ou tentaient de décrocher les uns et les autres. La suspicion avait trouvé terrain fertile. “ Il était devenu difficile de recevoir de l’aide ou le soutien d’une élite nantie parce qu’il vous reprochait d’être du camp adverse ”, relèveront les jeunes. La porte-parole de l’Association des élèves et étudiants du Nkam (Aeen) en profitera pour porter l’estocade. “ Les politiciens du département du Nkam ne voient en la jeunesse que du bétail politique. Pourtant cette jeunesse a besoin d'être soutenue. Ne voit-on pas dans d'autres localités du pays, l'élite octroyer des bourses aux petits frères pour financer leurs études et même œuvrer pour leur insertion sociale ? Voulez-vous que votre génération soit la dernière ? ”, mêlera-t-elle entre dénonciation, interpellation et questionnement.



Ebénézer Njoh Mouelle, qui jouait là la carte de l’apaisement et de rassembleur, a dit avoir enregistré ce chapelet de récriminations. Et pour ne pas en rajouter aux clivages déjà énormes, il a pris l’engagement d’œuvrer pour que le département retrouve l’accalmie. Il a invité toutefois les populations à préparer au Rdpc un plébiscite aux prochaines élections municipales et législatives. Non sans jurer de ne pas s’ingérer dans les choix des candidats dont seule la base en a la charge : “ Je ne soutiens personne et le moment venu, qu'aucun candidat ne vienne vous dire que je suis le candidat du ministre. ” Et le préfet Njikam Aboubakar en guise de conclusion de cet échange aux allures de “conférence nationale” rappellera que “ le Nkam a besoin des efforts de tous ses fils pour sortir ce département de son délabrement ”.



20 millions Fcfa pour accueillir Chantal Biya.

Le département du Nkam s’apprête à accueillir la première dame. Chantal Biya y est annoncée dans les prochains mois. Elle viendra personnellement inaugurer l’école des champions, œuvre de la fondation qui porte son nom. C’est la seule école des champions construite dans le Littoral. Un choix qui fait du département du Nkam l’un des privilégiés en la matière sous le régime Biya. Un régime que les fils du département disent qu’il a contribué à niveler vers le bas l’élan de développement entrepris sous le règne d’Ahidjo. Sous lequel, “ il a bénéficié de la construction du plus grand lycée d’Afrique centrale sur le plan infrastructurel, la construction du pont et de la Sodenkam. ” Un acquis que revendique le comité de coordination de résistance pour l’action de la renaissance du Nkam.



De vieille mémoire. En 24 ans, le département du Nkam s’apprête a inauguré la première réalisation du Renouveau. Un acquis obtenu de haute lutte par l’ex-ministre de la Communication, Pierre Moukoko Mbonjo. Et par ricochet, accueillir la première dame. Mais pour cela, il faut collecter une rondelette somme de 20 millions Fcfa pour la cérémonie solennelle d’inauguration. Comme le veut le principe, c’est au membre du gouvernement de la localité de gérer le comité d’organisation. La lourde responsabilité revient de fait au ministre Njoh Mouelle. Il a hérité de 4 millions Fcfa qu’avait réussi à collecter son prédécesseur, à qui, il a rendu un vibrant hommage pour l’immense œuvre que ce dernier a menée comme leader politique de ce département pendant qu’il était dans le gouvernement. Même si certaines langues disent que les deux entretiennent une relation de “ je t’aime, moi non plus. ” Depuis son entrée au gouvernement, et sa reprise du témoin, il a porté la cagnotte à 10 millions Fcfa. Mais il faut trouver les 10 millions Fcfa restant pour concrétiser la rétrocession de cette école des champions. C’était l’un des desseins qui sous-tendait cet appel de Ebénézer Njoh Mouellé. Le ministre a promis de faire de ce rêve une réalité pour le bien des enfants de Yabassi en particulier et du Nkam en général.



MC2, l’appât politique de Njoh Mouellé.

S’il y a une annonce, qui aura le plus accroché les populations du Nkam réunies samedi 3 février à Yabassi dans le cadre de l’arbre à palabre, c’est bien l’ouverture prochain de la mutuelle communautaire de croissance (MC2). Une structure de micro-finance qu’a lancée avec beaucoup de succès l’ex-Ccei-Bank (aujourd’hui Afriland First Bank) dans les zones rurales. Elle a permis au monde paysan de collecter une épargne et de financer de multiples activités génératrices de revenues (Agr). Un acte citoyen palpable qui a le mérite de résoudre un problème majeur des populations à la recherche quotidienne d’une amélioration de leur condition de vie. En outre, elle permettra aux fonctionnaires et autres salariés du département de ne plus être contraints de partir de leurs recoins enclavés pour aller percevoir les salaires à Douala. Elle a aussi le mérite de trouver de nouveaux emplois puisqu’elle sera gérée par des fils de la localité, recrutés et formés pour la cause.



Si le ministre a rassuré que toutes les formalités administratives pour son ouverture ont été effectuées, il reste que les populations et les élites du Nkam s’approprient ce projet. A cet effet, la part d’action a été placée à 1.000 Fcfa et pour éviter à une poignée de personnes ne se l’approprier, les habitants de Yabassi ont été conviées à prendre des actions. Le minimum étant de 10 actions par personne. Soit 10.000 Fcfa qui permettraient de constituer le capital de la future coopec. Après Yabassi, l’expérience sera portée dans les autres arrondissements, a-t-il promis. Calmant au plus vite les replis identitaires des ressortissants des autres localités du département.



Un projet certes de développement, mais qui cache mal la reconquête d’une position de leader politique du département que Ebénézer Njoh Mouelle avait perdue après un échec cuisant aux élections législatives de 1992. Ce qui lui a valu de perdre le poste de secrétaire général du comité central. Certes en 1997, il a réalisé un retour victorieux en gagnant l’unique siège de député de la nation qui revient à son département d’origine. En 2002, il n’a pas pu briguer un nouveau mandat en raison de ces luttes intestines auxquelles excellent les Nkamois. Le sort sera plutôt favorable à Emilienne Ekoum dans des conditions plutôt discutables. Maintenant que ce professeur de philosophie revient aux affaires, ils se donne un point d’honneur de s’interposer en rassembleur. Ce qui n’est pas gagné d’avance. Mais les élites intérieures et extérieures ont tous fait le pacte de s’investir désormais dans ce chantier qui vise à sortir le département du Nkam d’une condition pire que l’enclavement. Ils ne sont hélas pas à leur premier pacte du genre. Les prochaines échéances prendront des allures d’une ordalie pour cette nouvelle alliance sacrée. Qui vivra verra.



Par Mathieu Nathanaël Njog

Le Messager du 07-02-2007
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une vue de la tables des intervenants

une vue partiels de la salle. au premier plan, le prefet du Nkam
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