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Breve Autobiographie Intellectuelle

Brêve Autobiographie Intellectuelle

                  Né le 17 septembre 1938, j'ai appartenu, pour ma formation primaire, à l'une des dernières générations d'enfants ayant eu à passer préalablement par deux années de Cours Préparatoire (CP) en langue locale (le douala). Nous entamions le programme officiel du CP (I et II) au cours des 3e et 4e années réelles de la scolarisation initiale. Cela se passait dans les écoles confessionnelles, et, en l'occurence les écoles de la Mission Protestante Française au Cameroun (MPF). En ce qui me concerne, cela s’est passé dans l’école que mon père a eu à diriger à Yabassi de 1944 à 1953. Cette situation a été déplorée par ceux qui considéraient qu’on faisait perdre deux années précieuses aux enfants. A l’inverse, elle était approuvée et encouragée par d'autres pédagogues, notamment ceux qui  croyaient que la toute première initiation scolaire en langue locale et maternelle garantissait la consolidation de la personnalité de base de l'enfant, avant le relatif dépaysement que pouvait entrainer plus tard sa scolarisation en langue étrangère.
                  De même, pour ma formation secondaire, ai-je également appartenu à l’une des dernières générations d’enfants s’étant fait délivrer leur diplôme du Baccalauréat, Première et deuxième parties, par l’Académie de Bordeaux, tout en ayant composé sur place à Yaoundé. En effet, l’Académie de Bordeaux envoyait les épreuves, corrigeait les copies de l’écrit et faisait présider les jurys d’oral par des enseignants missionnaires venus de France. Nous en étions encore à la grande veille de l’Indépendance. Il s’agit d’une époque de très forte sélectivité dans le système éducatif colonial, quand on se souvient que les concours d’entrée dans les rares lycées et collèges de l’époque étaient des concours nationaux pour un nombre de places très limité !
                  J’obtiens les deux parties du baccalauréat au Lycée Général Leclerc de Yaoundé, en 1958 et 1959, chaque fois avec la mention Assez Bien. La commission des bourses de juillet 1959 m’oriente d’autorité vers les études littéraires, pour me préparer plus particulièrement à embrasser la carrière d’enseignant. Je vais donc successivement être inscrit en Lettres Supérieures au Lycée de garçons du Mans dans la Sarthe, devenu plus tard Lycée Montesquieu (1959-1960) et au Lycée Henri IV à Paris, (1960-1961 et 1961-1962) en classe préparatoire à Normale Sup. de St. Cloud. Je serai l’élève de Jacques Derrida, avant sa nomination l’année d’après à la Sorbonne. J’ai suivi de lui un cours d’une limpidité magistrale sur la très hermétique Critique de la Raison Pure d’Emmanuel Kant. Le Mans étant rattaché à l’Académie de Caen, c’est dans cette ville universitaire que je vais aller subir avec succès les épreuves de la Propédeutique Lettres qui donnait droit à l’inscription en licence. Au Lycée Henri IV à Paris, je serai l’élève, entre autres, de Michard, co-auteur de manuels de Littérature française à l’usage de l’Enseignement secondaire avec Lagarde qui, lui, enseignait au Lycée Louis Le Grand ; c’était pour le programme de littérature. En ce qui concerne la philosophie, après Derrida au Mans je suis l’élève à Paris, de Muglioni, Guillermit, tous deux des spécialistes de Kant, Claude Khodoss, non moins kantien mais spécialement chargé d’expliquer l’Ethique de Spinoza. Parallèlement au travail en classe préparatoire au Lycée Henri IV, les grands lycéens que nous sommes, ceux qui préparent La Rue d’Ulm (hypokhâgneux et khâgneux), comme ceux qui préparent St. Cloud, devons prendre une inscription en Sorbonne afin de nous présenter en fin d’année aux examens officiels de licence. Et c’est ici que j’ai l’opportunité de suivre les enseignements de Ferdinand Alquié, auteur, entre autres, du Désir d’éternité que j’ai lu maintes fois ; son cours sur la Phénoménologie de l’esprit de Hegel nous laissait l’impression intellectuellement plaisante qu’il s’agissait d’une œuvre facile, et pourtant! Jean Wahl qui m’a interrogé à l’oral du Certificat de logique et philosophie générale en me faisant « plancher » sur le phénoménisme ; le sociologue Raymond Aron dont je n’ai pas oublié le cours magistral sur la Critique de la raison dialectique de J.P.Sartre, son ancien condisciple à la Rue d’Ulm ; et surtout Vladimir Jankélévitch qui m’aura d’autant plus marqué qu’il a dirigé tous mes travaux académiques consacrés au philosophe dont il était l’un des plus grands spécialistes, Henri Bergson, auteur des Données immédiates de la conscience, de Matière et mémoire, l’Evolution créatrice et Les deux sources de la morale et de la religion pour ne mentionner que ces quelques titres. Mon premier travail académique sous sa direction a été consacré à l’étude du quatrième chapitre de l’Evolution créatrice et s’était intitulé « Bergson et l’idée de néant » pour l’obtention du Diplôme d’études supérieures (D.E.S. Mention Très Bien 1965). Comment oublier l’analyse de type tout à fait phénoménologique à laquelle se livre Bergson essayant de se donner une image et de cerner le concept du néant pour conclure que le néant est inimaginable et inconcevable. Car, c’est une pseudo-idée née d’un pseudo-problème ; parce que tout est plein d’être et de positivité. Mon second travail, un peu plus étendu, était celui du doctorat de 3è cycle et s’intitulait « Bergson et l’idée de profondeur ». Il fallait interroger la profondeur du « moi profond » et la superficialité du « moi superficiel », certes ; mais il fallait surtout rendre compte de la nature de cette profondeur qui relève, non pas de la structure spatiale mais de la nature des structures spirituelles, si on peut utiliser le terme structure ici, faite d’interpénétration et d’imbrication réciproque des « éléments », bref de la durée.
                  Mais revenons quelque peu en arrière pour voir comment je me suis déterminé en faveur de la philosophie au moment de mon inscription en licence à la Sorbonne ? Car j’avais le choix entre les lettres modernes, les langues et l’Histoire ! Ce sont les meilleures notes que j’obtenais en philosophie tant avec Derrida en Lettres Supérieures au Mans qu’auprès de Muglioni et Guillermit au Lycée Henri IV à Paris qui auront fait pencher la balance en faveur de la philosophie. Je donne cette précision pour que les lecteurs se souviennent qu’au départ j’ai obtenu une bourse pour des études littéraires. Une orientation qui restait bien ouverte. Le passage par les Classes préparatoires avait ceci de stimulant qu’il offrait la possibilité aux élèves de poursuivre pendant deux, voire trois ans, une formation supérieure bien mieux encadrée que dans les Facultés, et dans plusieurs disciplines (l’Histoire, la géographie, les langues, la littérature la philosophie). Le rythme du travail était très dense ici, une excellente chose pour la formation à la rigueur et à la discipline dans le travail. Les classes préparatoires étaient faites, je dois dire sont faites pour des « bosseurs », car cette tradition typiquement française se poursuit. Elle est une institution en elle-même dans la mesure où ceux qui n’ « intègrent » pas les Ecoles Normales Supérieures, ce qui fut mon cas, étant donné le nombre limité de places chaque année et pour chaque discipline au plan national français, s’en tirent inévitablement avec une solide formation et des habitudes de travail susceptibles de durer toute la vie si elles sont entretenues.
Mon choix pour la philosophie ayant donc été facilité par les bonnes notes obtenues tout autant que par mon intérêt de plus en plus affirmé pour cette discipline, j’ai réussi aux examens des deux premiers certificats de licence d’enseignement sans avoir suivi les travaux dirigés à la Sorbonne. Nous en étions du reste officiellement dispensés.
                  Il y eut ces bonnes notes obtenues dans les dissertations, comme dans les interrogations orales qui intervenaient chaque semaine dans le cadre d’un contrôle permanent des connaissances qui se faisait par le biais des « colles » ; mais il y eut aussi mes lectures hors programmes d’ouvrages entiers d’auteurs pour la plupart des phénoménologues : Merleau Ponty ( Phénoménologie de la perception, Les aventures de la dialectique, etc.), J.P.Sartre(L’existentialisme est un humanisme, Esquisse d’une théorie des émotions, etc.), Martin Heidegger ( Qu’est-ce que la métaphysique ? etc.) Buytendijk, (Phénoménologie de la rencontre, traduit du hollandais), Gabriel Marcel, (Les hommes contre l’humain), Edmund Husserl, (Méditations cartésiennes, etc.) Simone de Beauvoir (Pour une morale de l’ambiguïté), Nietzsche (Généalogie de la morale, et bien d’autres encore.
                  Après la soutenance de ma première thèse de doctorat le 27 juin 1967, j’envisage de rentrer au Cameroun afin de remplir l’engagement pris lors de l’obtention d’une bourse Unesco conduisant au recrutement en qualité d’enseignant à la toute jeune école normale supérieure qui venait d’ouvrir ses portes à Yaoundé et devait être l’une des premières institutions de l’Université Fédérale du Cameroun. La bonne mention de mon doctorat de 3è Cycle me valut l’inscription sur la Liste française d’Aptitude aux fonctions de Maître Assistant (LAFMA); ce qui m’a permis d’être directement recruté dans le grade de Chargé de Cours à l’Université de Yaoundé.
                  Pendant que je réfléchis à ce que pourrait être mon sujet de thèse principale de doctorat d’Etat, je commence une activité de publication sans attendre. Ai-je hésité entre des travaux portant sur des questions d’histoire de la philosophie occidentale et des sujets de pensée africaine ? Pas un seul instant. Une certaine mode voulait que les Africains spécialisés en philosophie œuvrent à faire sortir de leur oralité traditionnelle, des visions de monde, des cosmogonies et autres mythes afin de défendre l’idée d’une authenticité africaine dans le domaine de la philosophie. Comme cela a été le cas dans des domaines tels celui de la religion. Le mouvement culturel de la Négritude a joué un rôle déterminant dans cette orientation de la recherche chez des élites universitaires africaines. Ma manière à moi de consacrer mon activité de recherche à l’Afrique a été de me dire qu’une préoccupation quotidienne et pressante chez les Africains était celle du développement économique, social et culturel qui revenait sans cesse dans les discours des responsables politiques depuis l’Indépendance. C’est au concept même de développement que la philosophie se devait de s’intéresser. Pourquoi ne pas lui consacrer mes premières cogitations ? C’est ainsi que je m’attèle dès 1969 à la rédaction de l’Essai sur la signification humaine du développement intitulé en raccourci  De la médiocrité à l’excellence  et qui paraît en 1970 aux Editions CLE de Yaoundé. Cet essai sera suivi en 1980 d’un autre tout petit texte intitulé Développer la richesse humaine, toujours aux Editions CLE. Développer la richesse humaine a été conçu comme un complément de De la médiocrité à l’excellence, dans la mesure où cet essai, en traitant de manière directe de l’Etre et de l’Avoir, a davantage clarifié les développements antérieurs en soulignant l’idée selon laquelle il n’est pas question de disqualifier toute idée et même toute préoccupation en faveur de l’avoir, mais que l’avoir ne saurait usurper le statut de principe directeur qui revient principalement à l’être. C’est l’avoir qui doit être subordonné à l’être et non l’inverse. Mais qu’est-ce que l’être ? De la Médiocrité à l’excellence avait mis en exergue l’idée d’excellence comme volonté permanente de créativité. Dans Développer la richesse humaine l’idée de créativité est davantage développée à travers le commentaire du dialogue de Diderot avec lui-même dans  Le neveu de Rameau et développe davantage l’idée d’un type d’homme essentiellement créatif.
                  Les années que j’évoque ici sont des années qui voient la jeune université de Yaoundé fonctionner comme un énorme Foyer culturel au sein duquel il ne se passe pas de semaine sans que des conférences publiques y drainent une foule d’auditeurs constituée d’étudiants certes, mais également d’un grand nombre de personnalités du monde extérieur à l’université. Je suis régulièrement sollicité comme tant d’autres pour participer à des tables rondes ou donner des conférences. C’est ainsi que je vais devoir regrouper dans la série intitulée JALONS, I, II, III, des textes élaborés pour des occasions diverses (Semaine culturelle de l’ENS de 1970, le rêve et la contestation, le 10è anniversaire de la Revue Abbia, Le 30 avril 1973 : Sagesse des proverbes et développement. Le 10è anniversaire des Editions CLE, 14 novembre 1973 : Littérature et développement. Le Séminaire organisé par l’Institut des Relations Internationales du Cameroun, IRIC, Septembre 1973 : L’Université et la personnalité africaine. Et bien d’autres textes encore, contenus dans Jalons III et dans, La philosophie est-elle inutile ?composé de six essais tournant tous autour de l’idée d’utilité.
On remarquera que sans que j’aie eu à élaborer une étude d’envergure traitant de questions de la tradition africaine, je ne me suis pas désintéressé de cet aspect des préoccupations générales, la différence en cette matière résidant dans le fait de n’avoir pas adopté l’attitude que moi-même et bien d’autres dénoncions chez les ethnophilosophes et qui a consisté la plupart du temps à entonner chaque fois l’hymne à la glorification de cette tradition et de tout ce qui est africain sans se soucier le moins du monde d’en faire la critique. L’attitude d’ethnophilosophe complexé est celle consistant à rejeter l’idée selon laquelle la philosophie est d’origine gréco-occidentale. Ils disent : mais l’Afrique aussi possède une philosophie. Mais ne confondent-ils pas l’idée de pensée avec celle de philosophie ? Oui, en Afrique traditionnelle comme ailleurs dans toutes les communautés humaines il y a eu la manifestation de la pensée sous diverses formes.. Mais toute pensée n’est pas de la philosophie. D’où le grand étonnement de ceux qui m’ont entendu déclarer un jour qu’il n’ y a pas de philosophie dans les proverbes et que si les Africains présentent les proverbes comme étant leur philosophie, ils semblent oublier que les Allemands, les Anglais, les Français, les Espagnols, pour ne parler que d’eux, possèdent également de grandes réserves de proverbes et de dictons populaires et que cela ne les a pas empêché de produire leurs Kant, Nietzsche, Descartes, Miguel de Unamuno , David Hume, etc. Ce qui veut dire que la tradition philosophique est celle qui inaugure l’ère des penseurs individuels signant leurs œuvres et ne se noyant pas dans un anonymat collectif et populaire.
                  J’ai donc publié quelques textes sur les questions africaines mais en rapport avec la modernité : Les folklores et la culture nationale, La double vie spirituelle des chrétiens bantous, L’intérêt pour le beau dans la création artistique négro-africaine, ou encore, Libres réflexions sur la nouveauté et l’africanité de la Théologie Nouvelle. Tous ces textes sont contenus dans Jalons III, Problèmes culturels, édité en 1987 chez CLE. Et puis, il y a le texte qui sert d’introduction à Jalons II et que j’ai précisément intitulé L’Africanisme aujourd’hui. Il y est question d’africanistes non africains tout autant que d’africanistes africains ! Jalons II a été réédité chez CLE en 2006 et se trouve donc dans les librairies. Jalons III est toujours disponible. De même est disponible l’ouvrage intitulé La philosophie est-elle inutile et qui aurait pu s’intituler Jalons IV. Car en effet, il est conçu à la manière des Jalons et contient six textes dont deux portent sur des questions africaines. Ce sont : Temps vécu et temps de la production aujourd’hui en Afrique dans lequel je tente une explication sur le rapport au temps tel que constaté en Afrique généralement et qui fait dire que l’Africain n’aurait pas la notion du temps. Le deuxième texte s’intitule L’Afrique initiatique et la tradition de l’excellence
                  Encore un mot sur l’africanisme. Celui produit par les travaux du très grand Africain Cheikh Anta Diop qui a démontré scientifiquement la présence nègre dans l’Egypte antique. Je reconnais à chacun le droit d’en tirer les conclusions qu’il juge utile d’en tirer par rapport aux temps présents. Mais je ne comprendrai pas que certains disciples de Cheikh Anta Diop laissent l’impression que les solutions aux difficultés auxquelles se trouve confrontée l’Afrique contemporaine sont à chercher dans ce passé-là ! Ce qui me paraît important et déterminant c’est ce que nous pouvons faire pour nous approprier les instruments d’action  modernes dans notre lutte quotidienne en vue d’améliorer les conditions de vie des Africains.
                  Pendant que je donnais toutes ces conférences et écrivais des articles sur les questions dont je viens de faire état, je poursuivais justement mes travaux en vue de l’obtention du doctorat d’Etat ès Lettres et Sciences humaines. Le sujet de ma grande thèse a porté sur L’Humanité de l’avenir selon le bergsonisme. Toujours dirigée par Vladimir Jankélévitch, je l’ai soutenue en Sorbonne le 8 mai 1981 avec la mention Très honorable. L’humanité de l’avenir ? Mais n’est-ce-pas une préoccupation d’apparence non-bergsonienne ? La doctrine évolutionniste ne justifiant pas qu’on puisse chercher à dire un mot sur ce qui n’est pas encore advenu et qui entre dans la catégorie de l’imprévisible ! En fait, j’ai voulu mettre en relief l’optimisme foncier de Bergson qui laisse transparaître en filigrane ça et là des indications permettant d’entrevoir peut-être pas l’achèvement d’une évolution inachevable, mais à tout le moins un dépassement de la condition humaine actuelle à travers ce que le paradigme de « héros » bergsonien suggèrerait.
                  Après la soutenance de la grande thèse et mon passage au grade magistral, je suis nommé Directeur de l’Ecole Normale supérieure au terme de huit années d’administration universitaire dans les fonctions de Secrétaire Général de l’Université de Yaoundé. Je saisis cette occasion pour organiser en avril 1983, «un colloque international sur le thème de « La question des méthodes en philosophie ». J’y ai présenté deux communications et notamment celle portant sur « Le Discours de métaphysique de Leibniz et sa méthode ». Mon intention dans ce projet avait été d’amener les collègues à établir la différence qu’il y avait entre ce qui se faisait déjà appeler depuis longtemps  de l’ethnophilosophie et la philosophie authentique. Mon collègue Béninois Paulin Hountondji qui avait participé à ce colloque, avait publié longtemps auparavant son ouvrage de référence intitulé Sur la philosophie africaine  (Présence africaine 1977). Un ouvrage qui a fourni un important éclairage conceptuel permettant d’éviter toute confusion entre la philosophie en général, la philosophie assumée par des auteurs individuels situés géographiquement et l’ethnophilosophie. Il considérait que les travaux faits par des Africains tant sur la philosophie occidentale que sur des questions universelles peuvent et devraient être appelés des œuvres de  philosophie africaine contemporaine. C’est dans cette rubrique qu’il rangeait mes écrits d’alors : « Les travaux du Camerounais Njoh Mouelle a-t-il écrit,, notamment Jalons et De la médiocrité à l’excellence, Essai sur la signification humaine du développement peuvent aussi être inclus dans ce groupe, bien qu’ils portent sur des sujets qui ne sont pas simplement universels, mais plus particulièrement liés à la situation historique actuelle de l’Afrique ». (p.70). Au cours de ce même colloque de 1983, le Docteur Rachel Bidja, Chargée de Cours à l’époque, avait présenté une communication intitulée « Africanitude et pratique philosophique » dans laquelle elle allait dans le même sens en déclarant que: « L’essentiel n’est pas tant de tomber tous d’accord sur l’orientation à donner à la philosophie dans le continent que de se jeter à l’eau et déployer sa raison philosophante sur le réel socio-historique contemporain. C’est à une telle tâche que s’attèle M. Njoh Mouelle, précurseur d’un nouveau philosopher africain ».
                  C’est bien ainsi que je voyais et vois encore l’orientation que j’ai donnée à mes travaux et réflexions. Toujours au courant de la même année 1983, les éditions CLE vont sortir sous ma signature les Considérations actuelles sur l’Afrique, un texte qui est une interview menée par Hubert Mono Ndjana sur divers sujets allant de l’absence du sens critique dans les affaires africaines, à l’art nègre, aux questions de société ,et d’éthique, de langage, d’africanisme encore, etc.
                  Il est à espérer que la présente notice incitera les lecteurs à s’intéresser aux écrits que j’ai mentionnés et qui ont été longtemps occultés par De la médiocrité à l’excellence, Essai sur la signification humaine du développement qui a suscité  un réel intérêt au-delà des frontières camerounaises. Mon orientation du début en faveur d’une pensée concrète a été réaffirmée dans ma publication de 2007 aux Editions Afrédit de Yaoundé, à savoir le Discours sur la vie quotidienne. (168 pages)
         C’est le même intérêt pour le quotidien et le concret qui m’a conduit vers la politique. Au terme de mon unique mandat, j’ai publié l’ouvrage intitulé Député de la nation en 2002 aux Presses de l’Université catholique de Yaoundé. Aujourd’hui encore, le Cercle Camerounais de philosophie (Cercaphi) que j’ai créé en 1995 se signale par une activité donnant lieu à des publications telles que Philosophes du Cameroun ( 447 pages) ,édité par les Presses de l’Université de Yaoundé en 2006, fruit de plusieurs tables rondes consacrées aux œuvres de quatre penseurs du Cameroun, La philosophie et les interprétations de la mondialisation en Afrique, Actes d’un colloque international qui s’est tenu à Yaoundé en novembre 2007et publiés sous ma direction aux Editions de L’Harmattan.
                  On peut aussi lire les 27 pages d’une première autobiographie intellectuelle par laquelle s’ouvre l’ouvrage collectif intitulé L’Aspiration à être et qui contient sept essais critiques portant sur mes écrits. Leurs textes ainsi que mes réponses à leurs critiques ont fait l’objet de la publication dans le même volume. (Editions Dianoïa, Paris 2002).

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