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Culture:Ngondo 2010

Mot introductif prononce par njoh mouelle 

                        Mesdames et Messieurs,
                        Honorables invités,
            Au nom de tout le panel réuni autour de cette table en ce jour, je commence par remercier les organisateurs du Ngondo Edition de 2010, pour avoir porté leur choix sur nous en vue de traiter les sujets qui vous ont été communiqués, à savoir : 1- Côté Histoire, « Le Ngondo, les Sawas, l’indépendance et la réunification », 2-Côté culturel, «  L’apport culturel sawa au Cameroun du 21è siècle ».
            En second lieu, devrais-je remercier aussi l’assistance d’être venue ? Plutôt que des remerciements, ce sont des félicitations que nous vous adressons, en reconnaissance du grand intérêt que vous témoignez ainsi à la perpétuation de l’organisation annuelle de diverses manifestations dans le cadre de la célébration de la tradition du Ngondo.
            Vous allez suivre et débattre des exposés qui vont vous être présentés sur les questions dont je viens de rappeler les termes. En ce qui concerne le volet historique, ce sera la tâche d’Albert Dikoume et de Henri Manga. Si Albert Dikoumé est un professeur d’histoire au plan académique, Henri Manga, sans être un enseignant en la matière, n’est pas moins connaisseur de l’histoire de son peuple, tout ingénieur de formation qu’il est au départ.
            En ce qui concerne le volet social, et plus exactement la question relative à l’apport culturel sawa dans le Cameroun du 21è siècle, vous allez suivre les présentations que vont vous proposer Nicole Claire Ndoko, Professeur de droit et vice-recteur de l’université de Douala et le Révérend Priso Moungole  pasteur de son état, titulaire de la paroisse sawa de la Briquetterie I à Yaoundé, également Premier Vice-Président national de l’Eglise Evangélique du Cameroun.
            Compte tenu du temps limité qui est imparti à chacun, soit vingt minutes, je vais leur demander de faire un effort pour tenir dans ces limites afin de laisser suffisamment de temps pour l’échange avec l’auditoire. Nous commencerons par le volet Histoire.

            HISTOIRE : Comme cela se devine aisément, le libellé du thème invite les conférenciers à dire quel rôle les sawas, en tant qu’individualités ou en tant que rassemblés dans l’Organisation du Ngondo, ont joué dans ce qu’il faut bien appeler la lutte pour la conquête de l’indépendance du Cameroun et sa réunification.
            Comment s’est-il fait que le Ngondo qui a facilité la signature des accords de protectorat avec le IIè Reich allemand, se soit déjà trouvé, dix-huit ans après, soit en 1902, en position de devoir envoyer une délégation en Allemagne pour présenter à l’Empereur Guillaume III une pétition stigmatisant les exactions du Représentant du Reich, Von Puttkamer, et exigeant l’application stricte de la clause de protection des intérêts des indigènes ?
            Le Traité germano-Douala des 11- 12 juillet 1884 avait effectivement mentionné les réserves suivantes, entre autres : 1°- Le territoire ne peut être cédé à une tierce personne ; 2° Tous les traités d’amitié et de commerce qui ont été conclus avec d’autres gouvernements étrangers doivent rester pleinement valables ; 3°- Les terrains cultivés par nous et les emplacements sur lesquels se trouvent des villages doivent rester  la propriété des possesseurs actuels et leurs descendants ; 4°- Les péages doivent être payés annuellement, comme par le passé, aux rois et chefs.
            Il est bien connu que c’est autour de cette question que Rudoph Douala Manga Bell  et son secrétaire Ngosso  Din ont été condamnés à être  pendus !
            Ce n’est pas encore la revendication de l’indépendance, ni même la dénonciation du Traité de 1884 ; c’est l’expression d’un mécontentement devant le non-respect des clauses du Traité, par la partie allemande. Mais ce qui se remarque dès cet instant, c’est la manifestation et l’affirmation d’une équation personnelle des chefs dualas, équation personnelle faite de fermeté de caractère et de refus de se laisser abuser. Ce qui se remarque dans un second temps, c’est le manque de confiance envers les Allemands que le non-respect des clauses du Traité de 1884 par eux aura suscité chez les chefs Dualas.
            La confiance étant rompue entre les Doualas et les Allemands, le climat qui se crée dans leurs relations est celui-là même qui va faire naître l’idée de rupture. Les Allemands iront même jusqu’à mettre le Ngondo sous l’éteignoir, ne tolérant plus qu’à cause de l’accroissement de ses interventions dans le domaine politique, le Ngondo fonctionne comme un Etat dans l’Etat.
            Les exposés qui vont suivre donneront des détails sur l’évolution de cette situation que le statut de mandat sur le Cameroun confié à la France et à la Grande Bretagne viendra compliquer par la traque qui poursuivra tous ceux que le nouveau pouvoir français suspectera d’entretenir des sentiments germanophiles. Ce qui entrainera une intense activité politique plus ou moins  clandestine chez les Dualas pendant la période séparant les deux guerres mondiales. Une période au cours de laquelle les Allemands ont manifesté le désir de retrouver les colonies qui leur ont été retirées après leur défaite à la première guerre mondiale de 1914 – 1918.
            Henri Manga prendra la parole le premier et considèrera la période allant du début, pour ainsi dire jusqu’en 1932 ; Albert Dikoume. Evoquera les données de la période allant de 1932 à 1960.
            Je passe la parole à Henri Manga et à Albert Dikoumé, dans cet ordre. Chacun dispose de vingt minutes  pour présenter son exposé.

La CULTURE : Avant de passer la parole à Nicole Claire Ndoko et au Rév. Priso Moungole, permettez-moi de dire qu’il ne va pas s’agir d’exposés sur l’ensemble de la culture sawa en tant que vision globale des rapports d’adaptation au monde. Il s’agit de souligner en particulier ce qu’il faut bien considérer comme des apports de la culture sawa à la culture nationale. Une culture nationale qui sera faite de symbiose et qui peut-être, aura cessé un jour de se présenter sous la forme d’une juxtaposition des particularismes. Laissons de côté aujourd’hui le débat qui pourra consister à dire si la culture nationale devra ou pourra faire disparaître complètement les particularismes ou non. Le fait est que le fonctionnement de l’Ensemble National a déjà commencé à nous donner une idée de ce que pourrait être une culture nationale symbiotique à travers ses trois compartiments, à savoir : le ballet national, le théâtre national et l’orchestre national. Avec le ballet national il nous est certainement arrivé à tous d’admirer l’aisance avec laquelle les danseurs venus de différentes cultures ethniques de base ont souvent pu passer de l’exécution de la danse bafia, à la danse batoufam, de l’ambas-bay ou de l’eséwé à la danse batoufam ou à l’ashiko. Ce que je dis du ballet et des danses peut être dit des thématiques et des intrigues théâtrales qui font tenir des rôles de personnages typiques de telle ou telle société particulière de notre paysage sociologique. C’est l’occasion pour moi de rappeler que la mise en scène de la version française produite par moi-même, de Ngum’a Jemea du regretté David Mbanga Eyombwan a été l’œuvre de Louise Belinga Endzie assistée de David Noundji et que dans la distribution se sont trouvés de nombreux acteurs d’origine autres que sawa, tels que J.J Onana Awana, André Majors Akoa, Jean R. Tchamba et bien d’autres encore. Le rôle de Rudolph Douala Manga Bell n’a pas été tenu par un duala. De sorte que, devrons-nous dire, le vibrant message de patriotisme et de nationalisme délivré par le destin de Rudolph Douala Manga Bell atteigne les quatre points cardinaux de l’espace camerounais. L’intégration culturelle se fait sentir de la même manière au niveau de l’orchestre national, donc de la musique, avec l’interprétation des rythmes et des mélodies venant de toutes les traditions culturelles camerounaises.
            Ce dont je parle relève de la dimension vivante de la culture et non du folklore. Le folklore, ce sont ces oeuvres qui ont perdu leur signification du temps où elles étaient intégrées dans les rituels et autres activités de la vie quotidienne. Je pense par exemple aux danses initiatiques, aux danses d’exorcisme, aux danses incantatoires que tout le monde pourra aller regarder sur les scènes des théâtres, dépouillées de leur sens et de leur rôle dans les rituels magiques ou religieux, des danses dansées par des danseurs qui croient en un autre monde, des danseurs qui ne savent pas ce qu’ils dansent. Les apports de la culture sawa sont ceux qui sont supposés vivifier la modernité de la culture camerounaise. Ce sont ses créations qui n’ont pas vocation immédiatement à entrer dans le musée du folklore parce qu’ils produisent une signification ou des significations nouvelles en rapport avec le vécu d’aujourd’hui. Autrement dit, il y a des composantes de la culture sawa qui n’ont pas vocation à s’intégrer dans la culture camerounaise moderne.
            Mais n’allons pas commettre l’erreur généralement commise et qui consiste à réduire la culture à la danse, et à la musique. La culture c’est aussi l’art vestimentaire, l’art culinaire, (Notre très regretté Iwiyè-Kala Lobe n’avait-il pas publié un article sur l’identité culinaire négro-africaine dans le numéro double de La Revue Présence Africaine en 1976 ?) les valeurs de la vie en société, les conceptions de la vie sur Terre, l’inéluctabilité de la mort, la place faite aux catégories les plus faibles de la société, etc.
            S’il est vrai que les croyances métaphysiques des diverses composantes sociologiques ne sont pas faites pour être échangées avec d’autres (les religions africaines ne sont pas hégémoniques, en tant que cultes de clans ou de familles inexportables), il n’est pas moins évident que les sawas partagent avec d’autres peuples des bords de mer la grande caractéristique d’ouverture vers l’extérieur et vers les autres, une ouverture nécessairement favorable à l’acceptation de nouvelles valeurs.
            Je vais à présent passer la parole aux panélistes en commençant par Nicole Ndoko .

 

                                                        E. NJOH-MOUELLE

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